Nocturne Op. 9 No. 1

À Guangbo

 

Un couloir, une porte à travers laquelle tu me fis entendre sa voix, celle que mon cœur désirait. J’entrai. De tes doigts, de ta chair touchant celui qui enfante l’ineffable, Frédéric pris son envol. L’impalpable note délicatement dans son secret vint se briser sur l’ange noir, sur nos âmes exaltées. Graves, nostalgiques, romantiques, les mélodies polonaises nous unirent. La musique nous enveloppa dans le drap de l’espoir et de l’amitié.

Nous allâmes le cœur en fleurs, apprîmes  à nous connaitre: Delphiniums venues en décembre, nous avions éclos hors-saison sur une terre en friche, destinés à ne pas être cueillis. Nous dansions au gré du vent, sans racines, notre terre natale était la musique. Il y eu, deux cigares sous le soleil près d’une fontaine et le regard des passants étonnés, car deux cigares sur nos fraîches lèvres, « c’est étonnant » et on riait! Des mots en vrac semés derrière nos pas et des ivresses musicales, des ivresses en partage puis le passé fut évoqué, loin d’une année, et nous, hauts d’une vingtaine. Au Père-Lachaise, notre bien-aimé semblait reposer: « ses mains sont là » mais son cœur, mon ami, est à Varsovie!

Les années fanèrent. Tu es reparti vers ce pays fascinant, celui de Lang-lang et de Yuja Wang et cette nuit dans Paris,  je continue d’aller. J’hume la nocturne Op. 9 No. 1. J’entends une fleur se déployer. Je sens le drap qui s’anime.

Dans l’impalpable note, je te fais signe.

 

(poème écrit en 2016)

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Une réflexion sur « Nocturne Op. 9 No. 1 »

  1. Salut Marine
    Salutation brutale après tant d’années , à chaque fois il suffit d’ une petite photo de Paris que je deviens sentimental, tes lignes me donnent un coup de chagrin. T’as décrit avec une telle finesse et une telle délicatesse le moment que l’on a passé ensemble, je te cache pas que je suis en larme en le lisant. Après avoir rentré en chine j’ai mis beaucoup de temps pour sortir de mon état d’esprit déprimé et maladif, et finalement, je voulais te remercier d’avoir choisir de me tenir la compagne à l’époque où même “parler” et “communiquer” m’étaient devenus deux choses les plus difficile à accomplir, car comme tous les êtres au cœur sensible, les belles paroles mûrement préparées sont toujours refoulées par la vulgarité de ce monde, et je rate souvent le meilleur moment de les exprimer, au point que j’ai pris l’habitude de me taire. Je sais qu’au moment où je traversais la période la plus difficile, au lieu de m’abandonner, tu avais essayé de tâtonner la partie la plus souple de mon cœur et j’étais en pleine conscience que tu y sentais les beaux vers, ainsi la communication s’est faite sans mots dit.
    Je te laisse mon mail leonardotang@aliyun.com
    leonardotang@hotmail.fr
    Tu restes mon meilleur souvenir en France.
    Gros bisou
    Guangbo
    (D’ailleurs ravi de te voir garder l’habitude de noter les beaux moments de la vie par écriture, toi t’as pas changée ,moi non plus.)

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