« Cette façon qu’ont tous les hommes d’être toujours en chemin doit être le rêve taraudant des prisonniers et le désespoir de tous les amants fidèles. J’ai entendu dire que, dans les prisons, parmi les livres autorisés, les plus demandés étaient les cartes. Laisser errer son doigt sur une carte est le plus passionnant des romans d’aventure: toutes les aventures sont là, sans rien de fixe, tout est encore possible. Nous ne sommes pas des prisonniers et nous sommes toujours sur le chemin de notre destin. Mais quand nous nous arrêtons un instant, quand nous devons nous reposer et attendre, alors nous lisons des livres, comme ces prisonniers qui déchiffrent leur carte maculée, et nous reprenons notre marche avec d’autres qui sont aussi en marche, que ce soit Sindbad jeté par les vagues de plage en plage, ou Lovelace à cheval avec, dans sa poche, la clef qui ouvre la porte dérobée menant au parc Harlow ou Œdipe sur le chemin de Colone. Nous sommes aussi bien en chemin avec François d’Assise qu’avec Casanova. Et, au fond, rien ne nous apparaît plus étrange qu’un homme qui ne bouge pas. »

Hugo Von Hofmannsthal, Chemins et rencontres

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