Tous les articles par Les mains flâneuses

Les pieds sur terre. La tête en l'air... Les mains flânent.

J’étreins ta main

J’étreins ta main

Paume à paume

Deux montagnes

Enserrent un fleuve

Le soleil s’y couche chaque soir

Dans l’ardeur de nos regards

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Chine, la belle

Une traversée – un été – deux mois – l’amour en bandoulière – le sud – il y avait des femmes – et puis, un banc – « Pourquoi ne voit-on que les femmes travailler et les hommes jouer? » – on a rit – une minorité – le peuple Naxi – société matriarcale – du bleu indigo – et sur leurs visages-Du caractère!

Fidélité

Parmi ces instants de bonheur que j’aime nommer étoiles filantes, je me souviens des marches silencieuses passées en la compagnie de Simone de Beauvoir et de Marcel Proust. Quand la dernière page, le dernier mot ont été bu par d’avides pupilles, ce fut comme un ami qui disparait, que l’on regrette. Des années plus tard ces pas résonnent encore, ils ont pris part à la cartographie du corps.

Pittoresque

La porte était entrouverte, mon regard se hasarda. Un vieux monsieur me fit entrer. Du bois, ici et là qu’il travaillait sous toutes les formes. J’avançais pas à pas et derrière les morceaux suspendus fus surprise par une merveille: une cuisine pittoresque.

De ses murs émanait une telle chaleur, à rendre jaloux tous les grands intérieurs!

Entre cuir et velours

Entre cuir et velours

J’oscille

Mon amour

De morsures en doux baisers

Le rouge coule

Le rouge brûle

Le rouge lie

Vacillent

Nos corps endoloris

À dame lune

D’ordonner la parure

Une rose?

La tubéreuse?

Un peu sage

Un peu folle

Et tu tentes

De puiser dans mon regard

Quel vent

Agite mon sang

 

Entre cuir et velours

On chavire

 

Au nom

d’un

Amour

L’art de suggérer

Deviner

Sous la robe longue et ample

Les courbes fines et ondulantes

 

Soupçonner

Au creux du cou

Le secret d’un voyage

Aux notes gourmandes

 

Entrevoir

Les rêves que la main caresse

Moite, silencieuse et impatiente

 

Découvrir

Les mots qui font nœuds dans la gorge

et s’inscrivent sur le corps langoureux

Délivrés par la danse

 

Maintenant, chut, savoure…

 

L’art de suggérer

L’aura du désir

L’appel implicite.

 

 

Exuviation

Écrire, c’est vivre une perte et une libération semblable à cette « petite mort » qu’est la jouissance ou au renouvellement qu’engendre la mue. C’est se frotter à la feuille blanche afin de se libérer d’une peau, devenue, exiguë. Alors, dans un lent arrachement à soi, elle tombe, dans un ultime soupir, les mots se couchent. Et quand celle qui vous démangeait n’est plus, quand le cri est arraché à la chair, vient le manque, le vide, l’inertie.

Que me reste-t-il à tuer du « moi » ?

Peindre est une danse

Peindre est une danse

 

Sous le trait brute et courbé,

N’y vois-tu pas un mouvement de hanche?

 

À travers le jaune ocre

Chaud et danse

Sens suinter la chair

Au suprême effort du poignet

Et dans le rouge entêtant

De l’horizon voilé

Hume un bois de santal

Brûlant

Touche de tes pupilles dilatées

Le souffle haletant

Du créateur et de sa créature

Unifiés

 

 

En bleu indigo

Pénétrant et insondable,

Le regard perçant

De la toile fiévreuse

 

Pris au piège

Laisse frémir ton corps

 

Tu es la danse incarnée.

Mon film « Du bout des doigts »

Doris perd la vue à l’âge de 30 ans, il participe alors à un atelier de sculpture. D’abord sans grande ambition, cette pratique devient une passion. La perte d’un sens lui permet d’en développer un autre : le toucher. Il lui offre un nouveau regard sur le monde et sur lui-même. Ce documentaire est une immersion dans l’atelier de l’artiste où se dévoile, du bout des doigts, l’acte de création à travers la genèse d’une sculpture.

Sous un soleil d’hiver en République Tchèque

Vltava

Elle s’est dévêtue sous un ciel d’hiver et m’a montré sa plus belle peau sur laquelle dansaient, rayons de soleil et flocons de neige. Romantique, précieuse, ornée de douces couleurs, Prague portait en son cœur un bijou qui illumine chaque jour mes souvenirs: la Vltava.
Bedřich Smetana réussit dans le dessein tracé par les notes, à faire couler dans mon sang la beauté tchèque qui me tourmente, à faire palpiter mon cœur d’émerveillement et offrir à mon regard, loin de la ville dont je reste séduite, toute la beauté de son paysage dans une dimension poétique ineffable.

 

 

Cette saison est une liqueur exquise

Sous un soleil d’automne
Mes pensées chatoie
Les arbres dénudés
Le froid au bout des doigts
Dans la prunelle de mes yeux
Les reflets de l’astre en feu
Cette saison est une liqueur exquise
Dont langoureusement je m’alcoolise
Je bois les visages qui passent
Les mains baladeuses
La dorure des feuilles
Et la Seine qui se meut

Une ombre sur mon corps
Son souffle chaud
Je la sens me serrer fort
Courber mes os

Les étoiles sauront bien venir à temps éteindre les feux, balayer la mélancolie et nous offrir des bouquets de rêves taillés dans un croissant de lune

La Vie au premier cri
N’est déjà qu’ombre et lumière
Avec lesquels il nous faut chaque jour
Apprendre à jouer

Mon cœur balance entre hier et aujourd’hui
Ne me parlez pas de demain, sans substance, ni odeur

Cette saison est une liqueur exquise
Dont langoureusement je m’alcoolise
Sous un soleil d’automne
Je bois l’ombre chancelante

De mes amours en fleurs

 

Orgue-asme

Savez-vous que…

Un corps d’acier!

Un beau, majestueux, solennel

Corps d’acier

Habituellement il scelle l’amour et le tombeau

Cette fois il libéra mon plaisir lorsque

Explosant de colère

Surgit un véritable coup de tonnerre!

Je devins pétrifiée, corps tremblant, bouche entrouverte, regard ivre, respiration saccadée

Cette colère fut d’un touché Voluptueux

Vous devinerez…

Si l’art prend chair

 

L’art est sacré

Derrière les barbelés…

Je me souviens d’enfants tentant de l’interpeller en tapant sur la vitre, heureux de découvrir « la bête », ils cherchaient son regard, une reconnaissance. Je me rappelle son visage triste, impuissant et dont le seul pouvoir était de détourner les yeux, faisant entendre qu’il ne serait pas complice de ce spectacle. Et finalement, de rencontre il n’y eu pas. Il fut un temps où l’on mettait des Hommes en cage afin d’exhiber leur étrangeté, qui pouvait se traduire par une couleur de peau différente. À quand ce temps où les êtres vivants qui continuent d’être exposés dans des zoos ou des cirques, ne seront plus des choses captives du plaisir sadique des Hommes  -espèce parmi tant d’autres-  de nos sociétés?

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Michel Foucault, Le corps utopique

« Mon corps, topie impitoyable. Et si, par bonheur, je vivais avec lui dans une sorte de familiarité usée, comme avec une ombre, comme avec ces choses de tous les jours que finalement je ne vois plus et que la vie a passées à la grisaille; comme avec ces cheminées, ces toits qui moutonnent chaque soir devant ma fenêtre? Mais tous les matins, même présence, même blessure; sous mes yeux de dessinent l’inévitable image qu’impose le miroir […] ».