Archives pour la catégorie musique

Deux ailes

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La porte sacrée, Taïwan, Argentique 2019

Hymne des Chérubins – Tchaïkovsky

Les Indes Galantes un film de Clément Cogitore (5’46)

Au-delà des siècles les Hommes se tendent la main et se rejoignent dans une vertigineuse puissance pour le meilleur et le sublime. Je regarde cette création et le soleil danse au dehors, avec les feuilles gorgées de lumière quelque chose comme le bonheur s’agite sous les doigts du vent…

« Clément Cogitore adapte une courte partie de ballet des « Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau, avec le concours d’un groupe de danseurs de Krump, et de trois chorégraphes : Bintou Dembele, Grichka et Brahim Rachiki. Le Krump est une danse née dans les ghettos de Los Angeles dans les années 90. Sa naissance résulte des émeutes et de la répression policière brutale qui ont suivi le passage à tabac de Rodney King. »

Requiem

En entendant pour la seconde fois le Requiem de Verdi, hier, à la Basilique St Denis, ce Requiem tétanisant, qui m’émeut aux larmes, la tête qui s’en va, s’envole avec le sublime, l’ineffable, le choeur, ces voix qui ne font qu’une, grandes, réconciliantes comme celles qui s’unissent et grondent dans une révolte. Hier, ce Requiem m’a fait dire que mourrir à son écoute serait une belle mort, foudroyé par la vie, avec tout ce qu’elle a d’infiniment tragique et beau…

Au rythme du blues

Langoureux et décadent

C’est le rythme du blues

Sur les routes arides

Où les hanches se balancent

C’est le rythme du blues

Charnel, fiévreux, torride

C’est le rythme du blues

Sur la pente douce de ton torse

L’eau dégouline, la guitare vibre

Je m’y abreuve, les yeux ivres

 

Au rythme

Du

Blues…

 

 

 

Voie lactée

Sur la Marne docile

Le soleil s’amusait à faire ricocher des étoiles

J’ai flâné au bord de cette voie lactée

Où, soudain, un ange!

Sa majesté le cygne, a glissé tout scintillant

 

Cette image, c’est comme une musique

 

J’ai continué,

Tenant les notes dans mes poings

J’ai attendu qu’il revienne

Mais,

Peu à peu les étoiles s’évanouirent

Les arbres décharnés ont semblé rendre l’âme

 

J’ai eu froid

 

Me penchant sur l’eau brune

J’ai cherché ta lumière

À voix basse, j’ai dit ton nom

Alors,

Le chant du cygne retentit

Mes mains se sont ouvertes

 

J’ai glissé

 

Dans un clair de lune

Nous

s’est noyé

 

Une mélodie a ricoché.

 

Ivresses musicales

« (…) Je me demandais si la musique n’était pas l’exemple unique de ce qu’aurait pu être- s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées- la communication des âmes. »

Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, La Prisonnière

 

Pour moi, mélomane, le rapport à la musique est frontal, elle agit infiniment sur les émotions.

Gare à la puissante houle

Au corps qui m’échappe

À la conscience évanouie

Et ça pulse

Et ça danse!

Je suis ivre

Ivre

Ivre

Le bateau vogue vers l’horizon

La liberté a un goût de sel sur la peau

Peau qui vibre près d’un juke-box

La parole est charnelle

Quand je danse…

 

Entends

 

C’est horrifiant et magnifique

Le corps gronde, jouit, implore

Sourdement

Laisse le vent fouetter ta peau

Goutte au sel, vogue

Vogue

Danse!

 

Instinctivement

 

Colère, douleur, amour: Beautés abyssales!

L’art et la liberté d’expression doivent vaincre.

J’étais présente lors des rassemblements pour la libération de Jacqueline Sauvage, cette femme maltraitée durant des années par son mari, son bourreau et qui a fini par le tuer.

Les combats se rejoignent. Et pour ceux qui jugent de loin, on ne peut combattre la violence par la violence ou la mort par la mort. Fort heureusement la peine de mort dans ce pays est abolie.

Nous ne sommes pas égaux face à nos démons mais la création est un moyen de lutte, contre soi-même, une dictature ou une injustice. C’est une résistance sous toute ses formes. La possibilité d’exister autrement.

Elle est cette petite voix qui permet, quand cela nous parait impossible, de COEXISTER.

Alors, Bertrand Cantat, continue de chanter, de crier, de dénoncer…ta voix est mienne!

 

J’ai eu la chance d’entendre Christophe l’an dernier à la salle Pleyel et d’être transportée vers le cosmos. Une voix suave, fragile, sur laquelle on s’installe comme sur un nuage, des textes poétiques, une musique eclectique…Ce fut l’un de mes plus beaux voyages.

Quand les premières notes de La dolce Vita se sont glissées sous ma chair, le coup de coeur était annoncé…