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Intrigue du portrait peint

Un portrait peint est plus beau et plus juste qu’une photographie

Dans le geste du poignet, dans ce temps de création qui part à la rencontre de l’autre, apparaît l’évanescent, le mouvant, ce qu’il, inconsciemment, dissimule.

Le visage du modèle est telle une mer que l’artiste doit dompter. Ainsi, dans leur respiration, les pigments soulèvent deux coeurs et leurs fragilités.

C’est un regard que le peintre, traque, trace, un regard qui en même temps qu’il se montre, s’échappe. Il nous donne à voir tout ce qu’un visage est de mystère et d’insaisissable.  C’est alors que l’intrigue nous lance à la recherche de la « vérité ».

La seule chose qui peut nous être donner, qui peut nous mettre en marche, est le désir.

 

Je peins la lumière qui vient de tous les corps – Egon Schiele

« Enfant éternel que je suis, – j’ai toujours suivi la voie des gens ardents sans vouloir être en eux je disais – je parlais et ne parlais pas, j’écoutais et voulais les entendre fort, plus fort encore et regarder en eux.
Enfant éternel que je suis, – je me sacrifiais pour d’autres, ceux qui faisaient pitié, ceux qui étaient loin ou bien ne me voyaient pas, , moi qui voyais. J’apportais des offrandes, envoyais des regards et de l’air tremblant, scintillant à leur rencontre, je semais devant eux des chemins surmontables et – ne parlais pas. – Bientôt quelques-uns ont reconnu le visage, de celui qui voit au-dedans et alors ils n’ont plus posé de questions. –
Enfant éternel que je suis, – je maudissais bientôt l’argent et riais quand en larmes je le prenais finalement, la tradition, la contrainte, la monnaie d’échange, l’argent utile. Je voyais l’argent comme du nickel, du nickel comme or, argent, et nickel, et tout cela comme des chiffres inconstants sans valeurs pour moi, qui ne m’intéressaient pas, pourtant je riais en larme d’argent utile. – Pourquoi? la question surgit en moi. Pourquoi? – Quelqu’un dit: argent égale pain. – Quelqu’un dit: argent égale marchandise. – Quelqu’un dit: argent égale vie. – Mais qui dit: argent, toi? – Un produit? – Comme si la marchandise était – Ô – des vivants animés! – Où sont donc les vivants?
Ce n’est pas une très bonne affaire. Les états abritent peu de vivants. – Être soi! – Être soi! –
Là où commencent les « ex-libris », commence ce qui est animé – là où commencent les « disciples », les morts animés. – La vie? – Vivre c’est répandre la semence, vivre c’est jeter la semence, la gaspiller, pour? – pour d’autres pauvres peut-être, pour d’éternels disciples. Ô – les éternels disciples! Ô les éternels uniformisés! Ô les éternels États; grande est la plainte touchant  les corps vivants, la plainte du public, celle du peuple, celle de la masse, celle des soldats, fonctionnaires, nationalistes, patriotes, calculateurs, homme de niveau, hommes de chiffres. –
Quelle variation? –
Ceux qui font et ceux qui ne font pas. Le bluff est un acte dans la mesure où il est inventé. Parler n’est en fait pas un acte, un acte mort tout au plus. – Vers où s’envolent les mots? – Celui qui s’exprime est l’artiste. Le vivant est unique. –
Achetez! – Pas des tableaux, pas des produits, pas du travail, des tableaux? – Sortis de moi, pas de moi. – M’acheter moi…des fragments. »

Je peins la lumière qui vient de tous les corps – Egon Schiele

Sans maux dire

D’elle nous ne savons pas grand chose, seulement qu’elle s’extirpe de l’âme pour pouvoir entrer dans notre monde et s’exposer à nos regards. Conçue par l’entrelacement de débris émotifs qui tissèrent sa chair, après des mois, des années de gestation, elle est un poids et étouffe celui qui devient alors…artiste! Il doit donner le premier coup de pinceau puis le dernier, pour enfin la libérer. Mais la séparation est une épreuve, c’est une partie de lui qu’il arrache.

À sa naissance il faut lui donner un nom. Comme un nouveau-né, elle crie. Un cri muet et transcendant.

Sans maudire elle sera.

L’oeuvre ne peut qu’être sans être dite. Elle ne veut utiliser le langage courant, inconscient et mensonger. Et puis que dire? La voix est si légère pour porter un cri. Elle seule sait et se tait.

Chaque Homme porte une énigme, l’art en est le symbole.

 

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Dans la toile, peinture à l’huile

Boomerang

Le Cri

Vertige

De la Vague

Déferlante

J’ai du Vent

Dans mon sang

Courir

M’essouffler

Danser

M’essouffler

Aimer

M’essouffler

Une voix

Si douce

N’ose pas

Saigner

Des mots

Enragés

La Plume

Les Ancre

Les extirpe

De la gorge

Crache du noir

Les arrache

Au chaos

De ma chair

De mes doigts

Qui tremblent

Car les maux

Comme le cri

me reviennent

Plus violents

Me lacèrent

Quand l’esprit

Impétueux

Butte

Contre lui-même:

Boomerang

Qui aura l’art

Pour adversaire