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Le salut, Argentique, Dieppe, 2019

Sous un soleil d’hiver en République Tchèque

Vltava

Elle s’est dévêtue sous un ciel d’hiver et m’a montré sa plus belle peau sur laquelle dansaient, rayons de soleil et flocons de neige. Romantique, précieuse, ornée de douces couleurs, Prague portait en son cœur un bijou qui illumine chaque jour mes souvenirs: la Vltava.
Bedřich Smetana réussit dans le dessein tracé par les notes, à faire couler dans mon sang la beauté tchèque qui me tourmente, à faire palpiter mon cœur d’émerveillement et offrir à mon regard, loin de la ville dont je reste séduite, toute la beauté de son paysage dans une dimension poétique ineffable.

 

 

Aux armes artistiques citoyens!

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Mon atelier de création se trouve dans un labyrinthe sous chair. Je marche, cours, tape contre ses murs, avec violence souvent sans jamais ne pouvoir en sortir. La chair a peur, tremble, pleure! Le pouls est haletant. Non, il n’y a pas de sortie, mais des créations qui sont des échappatoires. La recherche d’une porte est féconde. Si les routes se ressemblent, chaque pas est nouveau et fera lien entre le visible et l’invisible. L’âme lutte et s’incarne dans une plume, un pinceau et dans cette guerre de soi à soi, donne du beau.

Le combat n’est pas vain.

Aux armes artistiques citoyens!

Frôler

 

Je sens…

La garrigue et les figues

C’est un village

C’est une place

Un vent chaud

Las

Les hommes viendront après la sieste jouer aux boules

Une église sur le côté

La mer, l’horizon, l’espoir au loin

 

Je  le frôle,

Il fait si bon de passer

Passer

Comme lui,

Sans bruit

Murmurer

Chut…

 

Bonheur fragile

 

Chez ma mère

Chez ma mère

 

C’est un bouquet de fleurs

Avec des fleurs sauvages

Cueillies patiemment

À la lumière du temps

Toute raconte une histoire

La poésie est humble

Chez ma mère

C’est comme si

Une fenêtre s’ouvrait

Chaque jour

Sur le chant des oiseaux

Et je me dis

Que rien ne vaut

Ma chambre d’enfant

Terre, sur ta chair j’inscris mon ombre

Je ne peux rester longtemps sans voir l’horizon, sentir la mer et le vent fouetter ma peau. C’est près d’elle que les deux dernières photos ont été prise, lors d’une ballade matinale sur la plage de Cabourg. Quant à la première photo je l’ai prise à la Bourboule où j’ai pu faire la découverte d’un Sequoia géant, dont la circonférence du tronc (pouvant permettre de mesurer son âge) m’a impressionnée. J’aime énormément les arbres, prendre contact avec eux en touchant leur écorce, comme je caresserai le museau d’un animal.

Les « petites mains » font les grands chantiers

En Chine, beaucoup de gens continuent de faire dans de grandes ou de petites villes, des métiers d’autrefois. L’été ces artisans profitent de la chaleur, les portes s’ouvrent et mêmes les salons de coiffure s’installent en plein air. J’ai été marquée par le courage des femmes qui font des travaux physiques d’ordinaire en France réservés aux hommes, une des photos l’illustre et montre des femmes travaillant sur un chantier. Elles portent souvent de lourdes charges sur le dos comme des blocs de pierres nécessaires aux chantiers. Malgré leurs difficultés, certains métiers traditionnels perdurent. Dans une ville portuaire j’ai croisé un porteur (photo ci-dessus), cette activité existe depuis plus d’un siècle. Ce monsieur déchargeait le linge  sale d’un bateau touristique: pénibilité, force et hardiesse peuvent se lire sur sa chair.

 

Les onze mille verges de Guillaume Appolinaire

« Pendant ce temps, dans la rue la foule s’amassait autour du fiacre 3 269 dont le cocher n’avait pas de fouet.
Un sergent de la ville lui demanda ce qu’il en avait fait:
– Je l’ai vendu à une dame de la rue Duphot.
– Allez le racheter ou je vous fous une contravention.
– On y va, dit l’automédéon, un Normand d’une force peu commune, et, après avoir pris des renseignements chez la concierge, il sonna au premier étage.
Alexine alla lui ouvrir à poil; le cocher en eu un eblouissement et, comme elle se sauvait dans la chambre à coucher, il courrut derrière, l’empoigna et lui mit en levrette un vit de taille respectable. Bientôt il déchargeat en criant « Tonerre de Brest, bordel de Dieu, putain de salope! »
Alexine lui donnait des coups de cul et déchargeat en même temps que lui, pendant que Mony et Culculine se tordaient de rire. Le cocher, croyant qu’ils se moquaient, se mit dans une colère terrible.
– Ah! putains, maquereau, charogne, pourriture, cholera, vous vous fouttez de moi! Mon fouet, où est mon fouet? Lire la suite Les onze mille verges de Guillaume Appolinaire

La mer comme la musique, nous offre des horizons infinis

J‘ai navigué sur cet autre monde où le temps n’est plus que du vent. Nous pouvons avancer au plus près, au travers, dos au vent, avancer imperceptiblement lorsqu’il semble être moins fort mais…nous ne pouvons aller au devant de lui. Il est le chef d’orchestre. Paré à virer? Quel bien fou cela fait de sentir la terre s’échapper sous vos pieds, de sentir que votre existence est entre les mains de la nature, entre vos propre mains. La notion du temps n’est plus celle imposé en société, qui ne nous apprend pas l’essentiel pour nous épanouir: savoir prendre le temps de vivre (savourer l’attente, l’ennui, la lenteur, être à l’écoute de ses désirs, de ses besoins, suppose pourtant tout cela). En naviguant on doit être humble. Alors face à mère nature, nous redevenons Homme dans toute notre petitesse et notre grandeur.