Archives pour la catégorie poésie

J’étreins ta main

J’étreins ta main

Paume à paume

Deux montagnes

Enserrent un fleuve

Le soleil s’y couche chaque soir

Dans l’ardeur de nos regards

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Fidélité

Parmi ces instants de bonheur que j’aime nommer étoiles filantes, je me souviens des marches silencieuses passées en la compagnie de Simone de Beauvoir et de Marcel Proust. Quand la dernière page, le dernier mot ont été bu par d’avides pupilles, ce fut comme un ami qui disparait, que l’on regrette. Des années plus tard ces pas résonnent encore, ils ont pris part à la cartographie du corps.

Entre cuir et velours

Entre cuir et velours

J’oscille

Mon amour

De morsures en doux baisers

Le rouge coule

Le rouge brûle

Le rouge lie

Vacillent

Nos corps endoloris

À dame lune

D’ordonner la parure

Une rose?

La tubéreuse?

Un peu sage

Un peu folle

Et tu tentes

De puiser dans mon regard

Quel vent

Agite mon sang

 

Entre cuir et velours

On chavire

 

Au nom

d’un

Amour

L’art de suggérer

Deviner

Sous la robe longue et ample

Les courbes fines et ondulantes

 

Soupçonner

Au creux du cou

Le secret d’un voyage

Aux notes gourmandes

 

Entrevoir

Les rêves que la main caresse

Moite, silencieuse et impatiente

 

Découvrir

Les mots qui font nœuds dans la gorge

et s’inscrivent sur le corps langoureux

Délivrés par la danse

 

Maintenant, chut, savoure…

 

L’art de suggérer

L’aura du désir

L’appel implicite.

 

 

Exuviation

Écrire, c’est vivre une perte et une libération semblable à cette « petite mort » qu’est la jouissance ou au renouvellement qu’engendre la mue. C’est se frotter à la feuille blanche afin de se libérer d’une peau, devenue, exiguë. Alors, dans un lent arrachement à soi, elle tombe, dans un ultime soupir, les mots se couchent. Et quand celle qui vous démangeait n’est plus, quand le cri est arraché à la chair, vient le manque, le vide, l’inertie.

Que me reste-t-il à tuer du « moi » ?

Peindre est une danse

Peindre est une danse

 

Sous le trait brute et courbé,

N’y vois-tu pas un mouvement de hanche?

 

À travers le jaune ocre

Chaud et danse

Sens suinter la chair

Au suprême effort du poignet

Et dans le rouge entêtant

De l’horizon voilé

Hume un bois de santal

Brûlant

Touche de tes pupilles dilatées

Le souffle haletant

Du créateur et de sa créature

Unifiés

 

 

En bleu indigo

Pénétrant et insondable,

Le regard perçant

De la toile fiévreuse

 

Pris au piège

Laisse frémir ton corps

 

Tu es la danse incarnée.

Sous un soleil d’hiver en République Tchèque

Vltava

Elle s’est dévêtue sous un ciel d’hiver et m’a montré sa plus belle peau sur laquelle dansaient, rayons de soleil et flocons de neige. Romantique, précieuse, ornée de douces couleurs, Prague portait en son cœur un bijou qui illumine chaque jour mes souvenirs: la Vltava.
Bedřich Smetana réussit dans le dessein tracé par les notes, à faire couler dans mon sang la beauté tchèque qui me tourmente, à faire palpiter mon cœur d’émerveillement et offrir à mon regard, loin de la ville dont je reste séduite, toute la beauté de son paysage dans une dimension poétique ineffable.

 

 

Cette saison est une liqueur exquise

Sous un soleil d’automne
Mes pensées chatoie
Les arbres dénudés
Le froid au bout des doigts
Dans la prunelle de mes yeux
Les reflets de l’astre en feu
Cette saison est une liqueur exquise
Dont langoureusement je m’alcoolise
Je bois les visages qui passent
Les mains baladeuses
La dorure des feuilles
Et la Seine qui se meut

Une ombre sur mon corps
Son souffle chaud
Je la sens me serrer fort
Courber mes os

Les étoiles sauront bien venir à temps éteindre les feux, balayer la mélancolie et nous offrir des bouquets de rêves taillés dans un croissant de lune

La Vie au premier cri
N’est déjà qu’ombre et lumière
Avec lesquels il nous faut chaque jour
Apprendre à jouer

Mon cœur balance entre hier et aujourd’hui
Ne me parlez pas de demain, sans substance, ni odeur

Cette saison est une liqueur exquise
Dont langoureusement je m’alcoolise
Sous un soleil d’automne
Je bois l’ombre chancelante

De mes amours en fleurs

 

Orgue-asme

Savez-vous que…

Un corps d’acier!

Un beau, majestueux, solennel

Corps d’acier

Habituellement il scelle l’amour et le tombeau

Cette fois il libéra mon plaisir lorsque

Explosant de colère

Surgit un véritable coup de tonnerre!

Je devins pétrifiée, corps tremblant, bouche entrouverte, regard ivre, respiration saccadée

Cette colère fut d’un touché Voluptueux

Vous devinerez…

Si l’art prend chair

 

L’art est sacré

Nos rêves sommeillent

L’Aube, ravisseuse des êtres s’est montrée. Au creux des draps nos rêves sommeillent. L’effluve du café embaume les murs. Sur nos oreiller, la trace d’improbables voyages aux contrées closes. L’on voudrait que rien ne bouge et dans un palpable mutisme

Rien ne bouge

Chaque corps sur son îlot nocturne s’est tu encore. Ton souffle sur ma chair, sur mes cheveux des caresses subsistent pourtant.

Cette nuit, où étions-nous?

Dans la pesanteur du silence j’interroge: quand eurent lieu le combat et la fatale résignation? Les plis sur le lit ne me disent rien. Je leur en veux mais n’y touche pas, car nous y sommes malgré tout

Unis.

Nuit blanche

Nuit blanche

M’offre l’agitation des branches

Quelques feuilles bougent

Sur ces heures orphelines

Les âmes égarées déambulent

Sans but

Mais faut savoir les regards

Ancrés dans un présent

Sans lendemain

Vous saluer

Se donner

Sans interêt

Jamais la vie ne me parait plus manifeste

Que dans ces moments

Où l’abandon de soi

Rassure

Et humanise

Secousses

Un café

L’odeur de l’automne se glisse par la fenêtre entrouverte

 

Et le corps trésaille

Qui m’habite?

Les secousses de la mémoire

D’où me reviennent seules, les sensations

Muettes

Et moi, confuse

Qui donc vient me visiter?

Montre-toi!

Portée par mille mains

Je devine l’ombre de moi-même

Me faire signe

Et s’évanouir en silence

Sans traces

 

Me revoilà, désert.

 

 

Ivresses musicales

« (…) Je me demandais si la musique n’était pas l’exemple unique de ce qu’aurait pu être- s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées- la communication des âmes. »

Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, La Prisonnière

 

Pour moi, mélomane, le rapport à la musique est frontal, elle agit infiniment sur les émotions.

Gare à la puissante houle

Au corps qui m’échappe

À la conscience évanouie

Et ça pulse

Et ça danse!

Je suis ivre

Ivre

Ivre

Le bateau vogue vers l’horizon

La liberté a un goût de sel sur la peau

Peau qui vibre près d’un juke-box

La parole est charnelle

Quand je danse…

 

Entends

 

C’est horrifiant et magnifique

Le corps gronde, jouit, implore

Sourdement

Laisse le vent fouetter ta peau

Goutte au sel, vogue

Vogue

Danse!

 

Instinctivement

 

Aux armes artistiques citoyens!

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Mon atelier de création se trouve dans un labyrinthe sous chair. Je marche, cours, tape contre ses murs, avec violence souvent sans jamais ne pouvoir en sortir. La chair a peur, tremble, pleure! Le pouls est haletant. Non, il n’y a pas de sortie, mais des créations qui sont des échappatoires. La recherche d’une porte est féconde. Si les routes se ressemblent, chaque pas est nouveau et fera lien entre le visible et l’invisible. L’âme lutte et s’incarne dans une plume, un pinceau et dans cette guerre de soi à soi, donne du beau.

Le combat n’est pas vain.

Aux armes artistiques citoyens!

Petite mort

Dénude mon corps de ses pétales charnelles. Une à une, fais-les tomber sensuelles et légères. Dans un langoureux vertige: l’amour pénètre.

À vifs cœurs lunaires: Battez!

Battez-vous!

Une farandole de cris s’embrasent et agonisent, de voluptueuses fumées s’envolent mon bien-aimé. Dans cet amour ardant, sur nos corps en feu, dansent des ombres haletantes. Flamboyante passion devient guerrière en cendre. Petite mort, coït accompli, désir de flammes que le souffle de l’amour ravive et éteint tour à tour. Mais au délice suprême consumé, survit dans le rouge des braises et leur nuage gris.

Le doux parfum de nos âmes enlacées