Archives pour la catégorie poésie

Énigme-à-tiques

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Me gratte
Cet espoir
De connaitre
Cette énigme
Qui m’éreinte
Deux bêtes noirs
Me regardent
Dans le miroir
Mais dis-moi
Jusqu’à quand
Te cacher ?
Me surprendre
Sale énigme !
Qui me suce
Jusqu’au sang
Me démange
Montre-toi !
Sors de là !
Et je Cours
Te trouver

Te gratter
Me gratter
Me gratter

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« Un visage humain est un hiéroglyphe… »

« Un visage humain est un hiéroglyphe, un signe particulier et sacré. Il y a là une présence de l’âme et il en est de même chez les animaux – regarde un buffle bien en face quand il mâche ou quand il est furieux et roule des yeux ourlés de sang, regarde un aigle et un bon chien. Dans un visage humain, il y a un vouloir et un devoir, et c’est davantage qu’un simple vouloir et un simple devoir. […] Et maintenant, depuis quatre mois, je vois les visages des vrais individus: non pas qu’ils soient dépourvus d’âme, il arrive assez souvent qu’une lueur d’âme surgisse, mais elle se dissipe aussitôt et c’est un va-et-vient à n’en plus finir, comme dans un pigeonnier, entre force et faiblesse, entre facilité et labeur, entre vulgarité et grandeur, une vraie frénésie de possibilités; et ce qui manque, c’est une pensée logée derrière tout ça, grande et impossible à formuler, une pensée toujours présente, toujours là dans les bons visages, et qui, comme un panneau indique dans le grand désordre de la vie le chemin qui conduit à la mort et même au-delà de la mort, et sans laquelle un visage n’est pas pour moi un hiéroglyphe, ou alors seulement mutilé, brouillé, profané. »

 

Hugo Von Hofmannsthal, Lettres du retour

Arythmie

À tes côtés, toujours l’absente,

L’ombre de celle que tu aimes

Son visage qu’une belle mélancolie fait sombrer

Qu’une belle mélancolie a ravi

 

À tes côtés, toujours l’absente,

Ton impuissance à briser la muraille où elle se cloître

La bouche qui résiste, vos chutes muettes sur les rocs de silences

Et l’hémorragie attendue,

 

À tes côtés, toujours l’absente,

Une douleur sans épaisseur, sans bruit, sans odeur

Ta main sur la sienne, la solitude à deux

Elle t’avais pourtant dit de ne pas l’aimer

 

Mais,

 

Comment deviner les suffocations du cœur?

Berceuse

Derrière ma fenêtre, une chanson douce.

 

Elle habille le monde de silence

Et d’une étrange lumière.

Sa voix saupoudre des étoiles blanches

Délicatement, sur mes rêves

 

Si soudainement ranimés.

 

Le ciel fredonne sa berceuse.

 

Il a fallut de si peu, pour que tout devienne

Fééerique.

Et moi,

 

Une enfant.

 

Bacchus, l’oiseau et moi

À l’aube d’une nuit

Où mon esprit se noya

Dans les contrées de Bacchus,

En une rivère rouge

Qui toujours sait,

Me charmer et m’envoûter

 

Alors qu’en détresse dans mon lit

Je cherchais une rive où délaisser mes maux

Où me dire qu’au dieu de la vigne

M’abandonner je n’aurai dû,

À l’entente de ma plainte,

 

Il est venu

 

Mais…

Était-il déjà là, où

Est-ce moi qui pour cueillir

Son chant une oreille lui prêta?

Qu’importe, derrière les volets

Je le devinais: fin, beau, fier

Sur sa branche perché

Il dominait le monde

Prêt à l’éveiller

Du bout du bec,

 

À l’enchanter

 

L’obscurité qui m’entourait

Et toujours un peu de rouge

Pour me hanter,

S’atténuèrent.

À l’arrivée de l’oiseau

Les démons de Bacchus se turent

Cet inattendu sauveur

Comme un bel amant

Était venu par surprise

Me réconforter

Quand le monde encore

Sommeille,

 

À la lueur des chimères

 

Des douleurs et regrets tiraillants

Mon attention dévia

Je n’étais plus seule avec le tentateur

Ce petit oiseau maître-enchanteur

M’avait montré le bout de terre

Où soulager mon cœur

Et de tanguer,

 

Il s’arrêta

 

Sans nous être vu

L’oiseau ami et moi

Chantions enfin à l’unisson,

Avant de s’envoler

Il me confia aux songes

Qui m’enlevèrent

Et me rendirent

 

Ivre de rêves!

Tu m’as demandé si j’avais bien dormi

Tu m’as demandé si j’avais bien dormi, tu dois savoir que ce n’est pas un problème pour moi, bien souvent j’appelle Hypnos à mon secours pour tout évanouir entres ses bras, alors je pars si loin dans ses profondeurs que je n’entends plus rien! Je deviens sourde à moi-même. Le réveil, c’est lui qui est redoutable, quand tout se remet en place dans la conscience.

Mais tu sais, ça aurait pu être une belle journée,

Sans les doutes

Sans les vertiges

Sans la grisaille

Sans le vacarme

Avec toi.

Colère, douleur, amour: Beautés abyssales!

L’art et la liberté d’expression doivent vaincre.

J’étais présente lors des rassemblements pour la libération de Jacqueline Sauvage, cette femme maltraitée durant des années par son mari, son bourreau et qui a fini par le tuer.

Les combats se rejoignent. Et pour ceux qui jugent de loin, on ne peut combattre la violence par la violence ou la mort par la mort. Fort heureusement la peine de mort dans ce pays est abolie.

Nous ne sommes pas égaux face à nos démons mais la création est un moyen de lutte, contre soi-même, une dictature ou une injustice. C’est une résistance sous toute ses formes. La possibilité d’exister autrement.

Elle est cette petite voix qui permet, quand cela nous parait impossible, de COEXISTER.

Alors, Bertrand Cantat, continue de chanter, de crier, de dénoncer…ta voix est mienne!

 

D’une danse endiablée

À 3h Marilyne en débardeur s’affole, sur un rythme danse se déhanche, la chair en transe goutte la sueur de démence…Coule sur mes lèvres, me pénètre, me possède, à mon tour je perds la boule!

« Que voulez-vous?  »

« Une longue escale entres vos reins? »

Elle me tire, oh j’en tremble! nous y sommes. Peau contre peau, exaltantes, battantes à tout rompre.

« Apprivoisez mon sang fiévreux et de mes yeux ne saurez plus rien! »

J’ai sombré, me suis noyé en la ténébreuse enfant et de la suite…n’en sais trop rien.

Respire.

Respire.

D’une musique langoureuse, nos corps s’adresse un bel adieu, non sans remord d’un corps sans cœur, habité

d’un doux désordre.

Mutilés

J’entends

Les scies roder

Je le tiens du regard

 

Mon regard

Chaque matin

Comme les bêtes ailés

Trouve refuge sur ses branches

Elles abritent mes confidences

 

Je sens

La colère

Le manque à venir

Face à ma fenêtre

Le goût amer du café

 

L’absence d’un ami

Des corneilles

Tous partis

Sans cris

Pour de l’argent

Du bois brûlé

 

Rien que du bois brûlé

 

Lui et moi

Muets

Soudés

 

Mutilés.

Boomerang

Le Cri

Vertige

De la Vague

Déferlante

J’ai du Vent

Dans mon sang !

Courir

M’essouffler

Danser

M’essouffler

Aimer

M’essouffler

Une voix

Si douce

N’ose pas

Saigner

Des mots

Enragés

La Plume

Les Ancre

Les extirpe

de la gorge,

Crache du noir

Les arrache

Au chaos

De ma chair

De mes doigts

Qui tremblent

Car les maux

Comme le cri

me reviennent

Plus violents

Me lacèrent

Quand l’esprit

Impétueux

Butte

Contre lui-même:

Boomerang

Qui aura l’ART

Pour adversaire.

 

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Sans rire!

J’ai pas de rire

Je lui ai demandé si ça le dérangeait

Tout de même une femme sans rire, c’est pas très séduisant

Il s’est moqué

Il a ri

Bien fort

Oh, et puis passons…

Je ne sais plus quand j’ai perdu mon rire

À vrai dire j’ai l’impression de ne jamais l’avoir connu

Et même, en de rares et grandes occasions quand je….disons, quand je…

Quand mes lèvres deviennent élastiques, qu’un côté prend route à droite (le droit), l’autre prend route à gauche (le gauche) et bien, mes cordes vocales me lâchent. Je suis contente sans bruit, je peux à peine l’exprimer, le partager.

Je suis amputée du rire.

Seule avec mon contentement. Ma petite rigolade silencieuse.

Enfin, de toute manière comme je vous l’ai dit c’est rare.

Ma spécialité c’est plutôt les larmes. Ah ça! Je connais bien leur goût.  Lui aussi…il les aime je crois. Et puis, elles reviennent, elles sont comme à la maison sur mes joues. Faut dire, que j’en prends soin.

Oh, et puis passons…

Le rire dit-on est communicatif, alors vous imaginez bien, si près de moi, l’on s’exclame de joie, je, je, je perds raison. C’est le meurtre (encore les larmes) ou le rire. Je choisis l’option rire et me concentre. Je ne bouge plus, ne parle plus, regarde droit devant moi, comme si le rire prenait une forme humaine. Je respire de plus en plus vite. Comme pour me convaincre que ce rire ne pourrait plus être contenu, enfermé de la sorte, qu’il allait enfin prendre son envol!

Vole!

Vole!

Rire!

 

Non.

Je dois me résoudre à vivre sans rire. Mais plus j’y pense, plus la joie autour de moi se manifeste. De façon très envahissante. C’est indécent. Toutes sortes de rires, des obèses, des rires de barytons, des saccadées, des maléfiques, des, des, des rires de gouffres! Qui vous avalent tout cru, malgré vos yeux larmoyants.

Le mien finira bien par jaillir…il me fait peur d’ailleurs.

En attendant pour me consoler, je pense (avec une once de culpabilité)…

« Rira bien qui rira le dernier »!

Mélancolie

La mélancolie s’acharne

À faite pleurer l’âme

À ne pas laisser mourir

Ce qui a fait vivre le cœur

 

Battre la Vie!

 

Alors,

J’étreins la belle tristesse

Qui m’absente du monde

Et dans mon regard

Qu’elle enchaine

Vous verrez

Je ne suis pas là

Je suis à elle

 

Dans cette douce prison

Aux barreaux de chair

Tenir l’amour en fuite

Du bout de la mémoire

Le tenir avec rage

Pour posséder le corps

Encore, encore…

Comme hier

 

Comme jamais plus.

 

Oh non! La mélancolie

Ne fait rien revivre

Elle me condamne

À me perdre

Dans ses abysses

À ne plus être

 

Ici.

 

Matin Ivre

Un voluptueux parfum de café s’envole. Tu dors. Essence au sensuel plaisir, le café fume, je te caresse des yeux, me laisse transporter par ses délices. Tu parles un peu, tu es ailleurs. Sur les vitres la chaleur se condense, tout devient vaporeux. La traversée des nues est à la portée des sens: nos corps s’approchent, se confondent, leurs contours se soulèvent s’éloignent en titubant, tombent et se pénètrent dans un nid de graines charnelles aux pouvoirs envoûtants. Quel langoureux vertige! Ce café me rend ivre, me fait jouir en silence.

Doucement, tu t’animes. Dehors, les silhouettes se pressent. Tu sors du lit, viens à moi. Nous rêvions tous deux. L’amour se promenait ici et là, transporté sur les fleurs séchées, le sablier et la table basse en bois. Ma tasse se vide mais avant de rejoindre les passants, je savoure le goût d’aimer suspendu sur le bout de nos langues, sur ce matin ivre. Tu m’embrasses, je souris.

Un voluptueux parfum de café s’envole et nous emporte sur son nuage sans rives.

Ô rêves!

Ô rêves!

Vous habitez ma chair, mes sens,

Possédez mes impressions longuement après l’éveil

Et ne me délivrez jamais vraiment

Mais après tout,

Je fais intrusion dans votre monde et me confie à vous

Me donne toute entière dans les bras de Morphée

Inconsciente!

 

Maîtres de mes nuits, maîtres de mes jours

Part de ténèbres, que l’on redemande.

Il y a des jours…

Il y a des jours où l’on voudrait qu’il pleuve, la pluie donne un sens à la tristesse, elle sont comme deux amies qui se tiennent la main.

Il y a des jours où il faudrait que le cœur batte si fort qu’il nous emmènerait là où la raison se rendrait sans hésiter, vaincue.

…et puis il y a demain, demain qui ressemble à une promesse de soleils et d’ivresses.

Fleurs séchées

Dans un panier en osier

J’ai disposé quelques fleurs séchées

Les années fanent

Sèchent les pétales,

Rose (a) cueillie d’amour

D’un mardi où le cœur chantait

Les souvenirs deviennent fragiles

C’est avec délicatesse qu’il faut les prendre

Et même les regarder

 

Dans le fléchissement quotidien

Qui les guidaient vers l’incarnation du passé

Lorsque jour après jour elles se recroquevillaient

S’immobilisaient dans cet aller sans retour

Nos désirs, nos doutes, nos espoirs

Les mouvements du cœur

Dont si souvent elles avaient été les témoins

 

Et maintenant elles semblent rires !

Elles se moquent de moi

Car chaque fois que je les observent

Que soigneusement entres mes mains

Je les prends et les sent battre

J’ai peur, peur qu’elles se brisent

C’est aujourd’hui un temps impénétrable

Qui les imprègnent

Où la crainte de nous perdre n’existait pas

Alors, j’en prend soin

 

Dans un panier en osier

J’ai disposé quelques fleurs séchées

Les années fanent

Sèchent les pétales,

Rose (a) cueillie d’amour

D’un mardi ou le cœur chantait

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Mère nature

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La nature comme une mère est toujours prête à nous accueillir en son sein. Elle sait nous réconforter, panser nos plaies. Le murmure des jeunes feuillages caresse, l’eau qui scintille sous le soleil chuchote des mots doux, le corps de l’arbre qui s’épanche nous enlace et nous apaise, l’envol de l’hirondelle nous entraîne au creux d’un ciel qui attend qu’on y trace sa voie. Dans ses bras nous sentons le pouls du monde et puisons la force nécessaire pour avancer, plus vivants que jamais.