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L’envol, Dieppe, Argentique, 2019
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L’amour odeur de blé

Je me gorge de tes lèvres – de ton cou – de tes seins

Nos pouls se cherchent – se frottent – s’aiguisent

Nous

Renversent

Sur l’or brûlant d’un champ de blé

Le soleil – Attise – Attise

Le ruissellement sur nos chairs dissimulées

S’écoule sur la terre – odeur – d’hard’heure – odeur de blé

L’écume de nos bouches rugissantes

Seul – un vent léger

Et les rayons déclinants

Apaisent nos poitrines haletantes

Fait taire le crépitement des épis enflammés

Et frémir nos mains à leurs racines

Tant que le ciel – notre témoin et complice

Répandra sa semence

Je me gorgerai d’été – d’automne – d’hiver – de printemps

De ses cerises sucrées d’un rouge profond comme tes lèvres

De tes rires – de tes yeux – de tes plaintes

De tout ce que la vie nous offre comme Ivresse

 

Projection « Du bout des doigts »

Mon documentaire « Du bout des doigts » (17’27), sera projeté le samedi 16 mars à 17h30 au Cinéma le Studio 66 de Champigny s/m (94500), dans le cadre de la Fête des courts! (entrée libre mais réservation conseillée)

Doris perd la vue à l’âge de 30 ans, il participe alors à un atelier de sculpture. D’abord sans grande ambition, cette pratique devient une passion. La perte d’un sens lui permet d’en développer un autre : le toucher. Il lui offre un nouveau regard sur le monde et sur lui-même. Ce documentaire est une immersion dans l’atelier de l’artiste où se dévoile, du bout des doigts, l’acte de création à travers la genèse d’une sculpture.

 

Brise

Le souffle du souvenir s’est posé sur ma langue

Je suis le goût de ses yeux, l’odeur de son cou

Rien qu’une substance sensorielle qui se souvient

Mais, si la brise esquisse sur les lèvres un sourire

L’œil égaré a plongé dans les abysses,

Pour rattraper sa main.

Comme on suffoque

Comme on suffoque

Avec ces poèmes qui vous prennent à la gorge

Ces dessins qui se disent orphelins

Cloîtrés là sous vos yeux

Ils parlent d’enfants indésirables

M’ordonnent, m’invectivent

« Fais-nous une place dans ce monde! »

 

Si la bouche reste impuissante

La poitrine reprend la plume

Pour un cœur qui expire

Rester pour eux dit-il…

L’ascension

L’ascension de la lune

Commence à l’aube

Chaque jour il s’agit de gravir ses rêves

De jouir et croître au point culminant grâce à l’insulaire que l’on devient

Pour enfin se laisser glisser sur la pente douce de la nuit qui mène à la fallacieuse lumière.

On ne voit jamais plus clair que dans son lit. Coincé entres deux bras, deux jambes, deux yeux et une tête.

 

Lettres vives

Á ma grand-mère…

 

Ton visage souriant

Au dos

Dans un italique soigné

Des mots

Figés pour moi

Comme pour une éternité

 

Longtemps, je regarde

Chaque lettre

Qui m’est adressé

Marche dans ses pas

Refais route avec elle

Avec toi

Elles respirent

Leur souffle m’empoigne

 

Je te retrouve

 

Sur leur courbe

C’est ta voix

Ton poignet renaît

Sinuant

Sur l’encre

J’appose tout mon amour

Du bout des yeux

D’où palpite l’impuissance

 

À tant la contempler

J’en boirais tout son or

Noir, sa mer, mouvante

Où l’on a embarqué

 

La mémoire

 

Il faut

Scinder l’horloge

Une nouvelle fois

Ranger la photo

Dans le tiroir

 

Sur notre rive

On se fait signe

Car les lettres vivent

Au gré du Temps

Insufflent

 

Un nouveau printemps

 

Fidélité

Parmi ces instants de bonheur que j’aime nommer étoiles filantes, je me souviens des marches silencieuses passées en la compagnie de Simone de Beauvoir et de Marcel Proust. Quand la dernière page, le dernier mot ont été bu par d’avides pupilles, ce fut comme un ami qui disparaît, que l’on regrette. Des années plus tard ces pas résonnent encore, ils ont pris part à la cartographie du corps.

Entre cuir et velours

Entre cuir et velours

J’oscille

Mon amour

De morsures en doux baisers

Le rouge coule

Le rouge brûle

Le rouge lie

Vacillent

Nos corps endoloris

À dame lune

D’ordonner la parure

Une rose?

La tubéreuse?

Un peu sage

Un peu folle

Et tu tentes

De puiser dans mon regard

Quel vent

Agite mon sang

 

Entre cuir et velours

On chavire

 

Au nom

d’un

Amour

Les mains flâneuses