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Exposition personnelle « Énigme du désir »

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma première exposition personnelle « Énigme du désir« , réunissant Photographie et Poésie, aura lieu du 14 au 19 mai, à Paris, au sein de la Galerie L’œil du Huit. Vernissage le jeudi 16 mai à partir de 18h30.

Soyez les bienvenus!

Marine Giangregorio

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Sous un soleil d’hiver en République Tchèque

Vltava

Elle s’est dévêtue sous un ciel d’hiver et m’a montré sa plus belle peau sur laquelle dansaient, rayons de soleil et flocons de neige. Romantique, précieuse, ornée de douces couleurs, Prague portait en son cœur un bijou qui illumine chaque jour mes souvenirs: la Vltava.
Bedřich Smetana réussit dans le dessein tracé par les notes, à faire couler dans mon sang la beauté tchèque qui me tourmente, à faire palpiter mon cœur d’émerveillement et offrir à mon regard, loin de la ville dont je reste séduite, toute la beauté de son paysage dans une dimension poétique ineffable.

 

 

Matin Ivre

Un voluptueux parfum de café s’envole. Tu dors. Essence au sensuel plaisir, le café fume, je te caresse des yeux, me laisse transporter par ses délices. Tu parles un peu, tu es ailleurs. Sur les vitres la chaleur se condense, tout devient vaporeux. La traversée des nues est à la portée des sens: nos corps s’approchent, se confondent, leurs contours se soulèvent s’éloignent en titubant, tombent et se pénètrent dans un nid de graines charnelles aux pouvoirs envoûtants. Quel langoureux vertige! Ce café me rend ivre, me fait jouir en silence.

Doucement, tu t’animes. Dehors, les silhouettes se pressent. Tu sors du lit, viens à moi. Nous rêvions tous deux. L’amour se promenait ici et là, transporté sur les fleurs séchées, le sablier et la table basse en bois. Ma tasse se vide mais avant de rejoindre les passants, je savoure le goût d’aimer suspendu sur le bout de nos langues, sur ce matin ivre. Tu m’embrasses, je souris.

Un voluptueux parfum de café s’envole et nous emporte sur son nuage sans rives.

Fleurs séchées

Dans un panier en osier

J’ai disposé quelques fleurs séchées

Les années fanent

Sèchent les pétales,

Rose (a) cueillie d’amour

D’un mardi où le cœur chantait

Les souvenirs deviennent fragiles

C’est avec délicatesse qu’il faut les prendre

Et même les regarder

 

Dans le fléchissement quotidien

Qui les guidaient vers l’incarnation du passé

Lorsque jour après jour elles se recroquevillaient

S’immobilisaient dans cet aller sans retour

Nos désirs, nos doutes, nos espoirs

Les mouvements du cœur

Dont si souvent elles avaient été les témoins

 

Et maintenant elles semblent rires !

Elles se moquent de moi

Car chaque fois que je les observent

Que soigneusement entres mes mains

Je les prends et les sent battre

J’ai peur, peur qu’elles se brisent

C’est aujourd’hui un temps impénétrable

Qui les imprègnent

Où la crainte de nous perdre n’existait pas

Alors, j’en prend soin

 

Dans un panier en osier

J’ai disposé quelques fleurs séchées

Les années fanent

Sèchent les pétales,

Rose (a) cueillie d’amour

D’un mardi ou le cœur chantait

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« Il y a quelque chose de très doux dans toute rencontre solitaire, même s’il ne s’agit que de la rencontre avec un grand arbre isolé ou un animal de la forêt, qui sans bruit s’arrête et nous fixe dans l’obscurité. Je crois que la vraie pantomime érotique, dans ce qu’elle a de décisif, ce n’est pas l’étreinte mais la rencontre. À aucun autre moment le sensuel n’est aussi chargé d’âme et la part d’âme aussi sensuelle que dans la rencontre. Tout est alors possible, tout est en mouvement, tout est dissous. Il y a là une attirance réciproque, vierge encore de convoitise, mélange naïf de confiance et de crainte. Il y a là quelque chose de la biche, de l’oiseau, sombre animalité, pureté angélique, présence du divin. »

Hugo Von Hofmannsthal, Chemins et rencontres

« Pourquoi la nature muette qui te fais signe et qui n’est que vie vécue, vie voulant à nouveau être vécue, ne devrait-elle pas, lassée des froids regards avec lesquels tu la contemples, t’attirer en elle à quelques rares moments et te montrer qu’elle aussi, dans ses profondeurs, a des grottes sacrées où tu peux ne faire qu’un avec toi qui, dehors, te sens si étrangers à toi-même? »

Hugo von Hofmannsthal, Lettres du retour