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Fidélité

Parmi ces instants de bonheur que j’aime nommer étoiles filantes, je me souviens des marches silencieuses passées en la compagnie de Simone de Beauvoir et de Marcel Proust. Quand la dernière page, le dernier mot ont été bu par d’avides pupilles, ce fut comme un ami qui disparaît, que l’on regrette. Des années plus tard ces pas résonnent encore, ils ont pris part à la cartographie du corps.

La Vieillesse

La vieillesse est le premier livre de Simone de Beauvoir que j’ai lu. Il est dense, riche d’informations sur les manières d’appréhender la vieillesse et la mort dans différentes civilisations et époques. Des champs d’études tels que la sociologie, l’anthropologie ou la biologie étayent le sujet. La philosophe apporte son point de vue et son expérience personnelle, tout en étoffant le livre d’anecdotes, citant des artistes et hommes politiques, des passages de la vie d’Hugo, Tolstoï ou encore Freud sont mis en lumière. J’ai entendu la voix de Simone de Beauvoir et n’ai pu m’empêcher de dévorer avec empressement et avidité ses autres écrits. Elle est sans aucun doute l’écrivaine que j’admire le plus.

Vieillir reste un sujet tabou, peu de philosophes se sont penchés sur la question et je déplore que dans nos sociétés les personnes âgées restent isolés, vivent solitairement le crépuscule attendu et ne soient considérés que comme « des vieux », en transit vers la mort. En niant cette ultime étape de la vie, c’est pourtant la vie elle même qui est niée. La venue d’un enfant est sacrée, le départ d’un vieillard devrait tout autant l’être. Les relations intergénérationnelles sont si enrichissantes, si nécessaires. La vie est une boucle, une ronde, qui se transmet de main en main. Observer l’enfant et le vieillard réunis nous donne toutes les leçons possibles sur la vie. Quant aux conditions dans lesquelles nous quittons le monde, elles sont si révélatrices de ses failles. Moi Daniel Blake de Ken Loach me vient en tête, une phrase qui fait écho aux sombres actualités et aux récentes décisions gouvernementales:

« Mon nom est Daniel Blake, je suis un homme, pas un chien. En tant qu’homme, j’exige mes droits. J’exige que vous me traitiez avec respect. Je suis un citoyen, rien de plus, rien de moins. »

 

La parole est à Simone: