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L‘art, ce labyrinthe sous chair nous fait marcher, courir, sans jamais ne trouver de sortie. Non, il n’y a pas de sortie. Mais des créations qui sont nos échappatoires. La recherche est féconde. Arpenter ce que l’on ne sait pas, là est le but. Rendre visible l’invisible, les pas parcourus à l’intérieur, la lutte de l’âme pour franchir les parois du corps. Le combat n’est pas vain.

Petite mort

 

Dénude mon corps de ses pétales charnelles

Une à une, fais-les tomber sensuelles et légères

Dans un langoureux vertige: l’amour pénètre

À vifs cœurs lunaires: Battez!

Battez-vous!

Une farandole de cris s’embrasent et agonisent

De voluptueuses fumées s’envolent mon bien-aimé

Dans cet amour ardant, sur nos corps en feu

Dansent des ombres haletantes

Flamboyante passion devient guerrière en cendre

Petite mort, coït accompli

Désir de flammes que le souffle de l’amour

Ravive et éteint tour à tour

Mais au délice suprême consumé

Survit dans le rouge des braises et leur nuage gris

Le doux parfum de nos âmes enlacées

« Je ne voudrais pas que chaque homme ni que chaque partie de l’homme soient cultivés, pas plus que je ne voudrais que le soit chaque arpent de terre; une partie sera labour, mais la plus grande part restera prairie et forêt, ne servant pas à un usage immédiat, mais préparant un humus pour un futur lointain, grâce à la décomposition annuelle de la végétation qu’elle porte. »

Henry David Thoreau, De la marche

Marine Giangregorio