Compagnons

Prendre un livre dans ma bibliothèque

Lire son titre, observer sa couverture

Et replonger dans l’odeur d’une saison

Comme un parfum que j’ai porté

 

Marcher à mes côtés avec ce compagnon

Tenir son bras d’encre vigoureuse

Tout aussi fort qu’il tient le mien

Associer sa voix consolatrice et fidèle

Au ciel qu’abrite mon âme

Le passé se déverse en pluie de sensations

Puissance évocatrice des fleurs séchées

Empire de ce qui demeure recroquevillé

Entre pétales et pages, me tisse

D’hier à aujourd’hui

Caresse, paresse

Pas lents

Du temps

Prendre un livre dans ma bibliothèque

Chercher le bras d’un vieil ami

Humer

Ses lettres, sa couverture, baiser

Ses lèvres

 

Expirer

 

On se souvient parfois

D’un livre comme 

D’un premier amour

Et l’odeur du sentier

Où les amoureux marchaient

Embaume l’oeil 

D’une gracieuse nostalgie

L’épreuve politique de la pandémie

« Les services publics ne sont pas les services de l’Etat au sens où l’Etat pourrait en disposer à sa guise, ils ne sont pas non plus une projection de l’Etat, ils sont publics en ce qu’ils sont « au service du public ». Ils relèvent en ce sens d’une obligation positive de l’Etat à l’égard des citoyens. Autrement dit, ils sont dus par l’Etat et les gouvernants aux gouvernés, loin d’être une faveur que ferait l’Etat aux gouvernés, comme la formule d’« Etat-providence », polémique car d’inspiration libérale, donne à l’entendre. Le juriste Léon Duguit, théoricien majeur des services publics, l’avait fait remarquer dès le début du XXe siècle : c’est la primauté des devoirs des gouvernants envers les gouvernés qui constitue le fondement de ce que l’on appelle le « service public ». A ses yeux, les services publics constituent, non une manifestation de la puissance de l’Etat, mais une limite du pouvoir gouvernemental. Ils sont ce par quoi les gouvernants sont les serviteurs des gouvernés. Ces obligations qui s’imposent aux gouvernants, s’impose également aux agents des gouvernants et ce sont elles qui fondent la « responsabilité publique ». C’est pourquoi les services publics relèvent du principe de la solidarité sociale, qui s’impose à tous, et non du principe de la souveraineté qui est incompatible avec celui de la responsabilité publique. »

Extrait de l’article « L’épreuve politique de la pandémie » de Pierre Dardot et Christian Laval, publié sur Mediapart.

Lecture

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Trouvaille du net

Embarquer

Mon esprit est une barque

Qui vogue au gré de l’oisiveté

L’horizon est vaste

Pour qui sent souffler

La brise sous la chair

Ma charpente est de nuages

Et mes eaux, abyssales

Je s’étend à perte de vue

Je n’est plus que l’ondulation

Des songes dans l’air

Dans des clapotis d’espérances

Et le silence soupirant, sourit

D’être enfin entendu

 

La barque, Marseillan, Argentique, 2017

La mer à boire – Ludovic Janvier

Haleurs de nuit se tenant par les hanches

rincés d’amour depuis le cul jusqu’au regard

toute la chair tirée vers l’éblouie

gisants des sueurs gisants des soifs gisants

renversés bouches ouvertes à la fraîche impossible

quand les yeux trop ouverts ne reconnaissent rien

criblés qu’ils sont par la nuit du dedans

car je tombais dit-elle je tombais à l’intérieur

où tu me fais tu me défais comme tu veux

engloutie rêve-t-elle en remontant par nos odeurs

en allé rêve-t-il en attendant l’éclair de jouir

à toi le coup de grâce est venu comme une eau

il me prendra moi d’une rafale aveugle

encore et viens jusqu’au fond toucher le clair

sanglot et viens m’élargir à la taille du ciel

puisque le ciel est partout sous la peau

 

La mer à boire – Ludovic Janvier

Le roi et sa servante

Le roi et sa servante, Hontfleur, Argentique, 2015

Hontfleur – 2015

Seule – l’hiver – un week-end – des rues désertes – la peur , un voisin étrange – il crie – drôle de…fracas? – à longueur de nuit – nous deux – seuls – nous deux seuls dans l’immeuble – moi tout en haut – mettre mon couteau suisse sous l’oreiller – le merle! – face à la mer, il règne – peindre – penser à Erik Satie- Maurice Ronet

Manger des huîtres!

Manger des huîtres!

L’ennui, qu’est-ce que l’ennui

Quoi de plus délicieux que la marche lente des heures

La dissolution du corps dans le silence des Hommes

J’entends

Une vague, quand le vent furieux agite branches et feuilles

Je vois au ciel

Des monstres blancs avancer au rythme des voiliers

Je touche du sourire

La mésange bleue qui me surprend, rêveuse

Tout est surprise, tout est merveille

À l’écoute de ce qui se terre sous nos voix bruyantes

L’ennui, qu’est-ce que l’ennui, sinon la langueur de vivre

Résonance

Ce matin, dans un élan de poitrine, j’ai ouvert la fenêtre pour m’amarrer au vent. Les magnolias avaient la gorge pleine de printemps. Pistils offerts au ciel, elles jouissaient en de teintes blanches et rosées. J’ai contemplé l’étreinte et dans les profondeurs du silence des pas ont secoué ma terre. Des pas qui n’avaient cessé de marcher. Rien qu’une résonance comme un doux ressac qui, sans mot dire vous submerge. J’ai interrogé ma peau, là, sur l’écorce bétonnée. Elle s’est tue. J’ai tendu les branches en les noyant de lumière. Une jeune fille est apparue, elle m’attend assise sur un trottoir au carrefour d’une route lugubre, égarée dans les interstices du temps, les gens passent sans la voir.

Tout ce chemin mot après mot, page après page dans une encre allant à contre-courant, pour revenir vers soi

se tendre la main, là où l’on s’était laissé, un peu désolé.

Ce matin, une fleur de printemps se pavane dans les bras du vent! et la poésie se nourrit de pas qui résonnent, du feu qui persiste

Il est 12h, la cloche jusqu’à vous sonne.

Ce ciel, ma mie

Ce ciel

Empoigné à l’aube

J’étreins

Sa mie, encore toute chaude

Entre mes deux doigts

Puis la pose sur ma langue

Pour la mâcher, délicatement

Mes pupilles embaument

L’odeur de sa peau, moelleuse

Tiède et enveloppante

Brioche au sein laiteux

Ce ciel empoigné

Est enfin venu s’étendre

Dans mon ventre

Inspiration, expiration

Son souffle au doux nom de Poésie

Est une mère porteuse

Dont le pouvoir est d’accoucher

De paupières qui tremblent d’aimer

De possibles criants d’horizons

D’espérances enchevêtrés au voilier

Voyez-vous,

Ces orphelins vagabonds

Cherchent votre chair

On avorte pas de ses désirs

Tant que le ciel

Ne détrône pas votre palais

 

Ce ciel

Empoigné à l’aube

J’étreins

Sa mie, encore toute chaude

 

Pour avoir sur le bout de la langue

Le goût de nos peaux

« A voir et à rêver »

Ma plume mentionnée par Georges Cathalo sur le site de la revue Décharge.

Sur les territoires encombrés de la poésie contemporaine, Patrice Maltaverne n’est plus un amateur. Depuis longtemps, il a su délimiter son domaine avec des frontières invisibles, grâce à une revue qui existe depuis 2004, une maison d’édition (Le Citron Gare) ainsi qu’une « diffusion parasitaire sur internet » avec pas moins de 4 blogs dans lesquels il fait montre d’une sacrée connaissance de l’actualité. Avec Traction-Brabant, il poursuit un « vœu de jeunesse » où se croisent des choix personnels, une organisation foutraque et une belle constance dans la gestion d’une revue. Pour ce numéro, on relèvera quelques originalités avec les écrits de Samaël Steiner, Angélique Condominas, Pierre Bastide et Marine Giangregorio. En ces temps de poétiquement correct, Maltaverne ose tout ou presque et c’est tant mieux pour celles et ceux qui auront la curiosité d’aller y voir de plus près.

Et pour découvrir l’audacieuse revue Traction-brabant, c’est ici!

Sans rire!

J’ai pas de rire

Je lui ai demandé si ça le dérangeait

Tout de même une femme sans rire, c’est pas très séduisant

Il s’est moqué

Il a ri

Bien fort

 

Je ne sais plus quand j’ai perdu mon rire

J’ai l’impression de ne jamais l’avoir connu

Et même, en de rares et grandes occasions quand je….disons, quand je…

Quand mes lèvres deviennent élastiques, que simultanément un côté prend route en s’élevant à droite (le droit), l’autre prend route en s’élevant à gauche (le gauche) et bien, mes cordes vocales me font faux bond, émettent un timide son, un petit souffle balbutiant qui sort de la gorge un peu paumé.

Je suis amputée du rire.

Seule avec mon contentement. Ma petite rigolade silencieuse.

Enfin, de toute manière comme je vous l’ai dit c’est rare.

Ma spécialité c’est plutôt les larmes, mais peut-être qu’elles rient aussi, ça fait pas de bruit ces trucs-là, on croit que c’est triste. Je connais bien leur goût. Elles sont comme à la maison sur mes joues. Faut dire, que j’en prends bien soin, on est copines, je leur raconte des tas d’histoires et ça coule encore plus.

Oh, et puis passons.

Le rire à ce qui paraît est communicatif, alors vous imaginez bien, si près de moi, on s’exclame de joie, je, je, je perds raison. Je me concentre. Je ne bouge plus, ne parle plus, regarde droit devant moi, comme si le rire prenait une forme humaine. Je respire de plus en plus vite. Comme pour me convaincre que ce rire ne pourrait plus être contenu, enfermé de la sorte, qu’il allait enfin prendre son envol!

Vole!

Vole!

Ris!

 

Non.

Je dois me résoudre à vivre sans rire. Mais plus j’y pense, plus la joie autour de moi se manifeste de façon très envahissante. C’est indécent. Toutes sortes de rires, des obèses, des rires de barytons, des saccadées, des maléfiques, des, des, des rires de gouffres! Qui vous avalent tout cru, malgré vos yeux larmoyants.

Le mien finira bien par jaillir, ça me très peur d’ailleurs. Il m’étouffera peut-être. « Une belle mort » dira-t-on…

En attendant pour me consoler, je pense (avec une once de culpabilité)

« Rira bien qui rira le dernier »!

Nos immensités

sans titre (1 sur 1)
Nos immensités, Tanger, Maroc, Argentique, 2019

 

Il existe un pays

Comme un corps

Comme une mer

Aussi vaste que 

Nos yeux rêveurs

Aussi caressant 

Que ta main

Et nos deux navires

Battants qui s’élancent

Toujours trop vite

Toujours trop lents

Et ignorants

À l’assaut des frontières

Qu’il est fou ce pays

Qui nous perd et nous happe

Dans ses horizons

Il mériterait bien 

Qu’on y noie

Prudence et soumission

Viens

Va

Va

Élégies pour le temps de vivre – Richard Rognet

Tu aimes les roses bienveillantes,

tu ne veux plus ouvrir tes livres,

les oiseaux te suffisent et tu sais

que tant que vivront les mésanges,

ton sang suivra le flux de la sève qui

grimpe lentement dans les troncs familiers,

 

tu sais que toute dentelle se déchire,

que les outils du jardin

se couvrent peu à peu de rouille,

tu sais que tu tournes autour

de tes espérances, que ce qui brille

en plein jour n’est que le reste

d’un amour que tu veux préserver, coûte

que coûte, tu sais tant de choses,

la roue tourne, infatigable,

 

et te voilà, seul devant toi, avec la pluie

roulant sur les fleurs qui t’enseignèrent

le silence afin que tu oublies la glissade

du temps et l’amertume d’avoir trop

aimé, trop attendu ce qui ne conduisait

à rien, les fleurs qu’il eût fallu

protéger dans les terrains abandonnés,

contre les murs des maisons vides, les fleurs,

 

les mémorables fleurs, et leur mélancolie,

leur unique douceur dans les soirs

où tu t’ensevelis comme une ombre

qu’une autre ombre absorbe en palpitant,

comme un feu d’altitude, un feu de nuages

devant le soleil, un feu d’yeux qui revoient,

au fil du souvenir, des brassées de roses

bienveillantes et des vols de jeunes

mésanges parmi les étincelles du printemps.

 

Élégies pour le temps de vivre – Richard Rognet

La belle déferlante

Le vide a bougé

J’ai vu la vague

S’y abattre, aussi

Rugissante que

La chair qu’elle tenait

Entre ses dents

Belle créature saline

Qui romps les battants

De l’inertie, tu sais

Comme l’on se noie

Dans les déserts désirs

Des villes, je vais

Visage nu, gorge nue

Hanches nues que la houle

Balance, élance

Et mes yeux sanglants

Tiennent le soleil

Pour y jeter l’écho

D’un moi naviguant

Au large depuis

La naissance

D’après ma mort

 

Pourtant

 

Celle qui marche

Seule, nue

T’étreint, te fais

Rouler dans sa poitrine

Comme tu vas, viens

Glisses sous les doigts de

La lune, fidèle à ta liberté

Ne gardant rien en

Ton sein, que l’ardeur

Sais-tu qu’elle t’est si dévouée

Qu’un vide, un vide ne sera

Jamais assez grand

Pour vaincre

Ta belle déferlante

 

Je navigue,

Je navigue, au loin

Ici, en poésie

Où ma prose

Cherche ton sein

Rue St Denis

Rue St Denis, elles ont le corps indécent.

Des ventres, des cuisses, des hanches qui vous hèlent, le sein tendu au grand enfant pâle, à l’enfant violent, le mal aimé, en mal de mère. Rouge, du bout des ongles aux lèvres, des lèvres aux pupilles usées, insoumises, effrontées, elles ont la chair comme des orages où l’on s’abreuve dans un brutal éclair. Les belles de jour réparent les nuits sans amour et les fidèles viennent se barbouiller de noir qui coule, de bas résille, de coeurs filés sur de grisants parfums, de cris manqués et de fantasmes effilochés. Quatre bras, quatre mains, quatre yeux orphelins qui se chevauchent à l’aveugle, maladroitement, par accident, pour créer une fragile lumière qui, passée la porte, s’éteint en un soupir de regrets.

Rue St Denis, elles ont le corps indécent, brandi sans vaciller sur des talons aiguilles où tourne, tourne, tourne dans sa cage

L’amour, sans une aile

Comme il tourne ici ou là.

Traction-Brabant n°87

Mes poèmes Le regard fixe, À trop fréquenter le monde, Ce qui nous foudroie et L’homme cerf-volant viennent d’être publiés dans le n°87 de la revue (papier) Traction-Brabant, à vous procurer ici

L’homme cerf-volant

Le regard porté par un fil
Au bout duquel dansaient
Ici et là,
Les couleurs d’une liberté
Avortée de l’aube
De rêves taillés dans
Les veines de l’enfance
À le voir, avancer le pas
Chaloupé, la bouche
Engloutissant le ciel
Habité, d’une
Étrange fougue
Bousculant les passants
Car le vent, le vent
Tournait vite
On se demandait, qui
De l’homme ou du cerf-volant
Tenait l’autre
Vivant

Le cri

Je croyais avoir faim

De chairs, d’ivresses, de poésie

De danses et de marches effrénées

Faim, des battements de coeur

Qui s’élancent aveugles et rapides

Qui s’émeuvent, à voix basses

Faim avide, soif inextinguible

De jouissances intarissables

 

Méprise

 

J’avais faim du cri

 

Faim d’étreindre le cri

De mettre à nu

De mettre à mort le cri

Qu’il parcoure le sang

Affolé – affolant

Frappe la poitrine

Passe la gorge

Hésite

 

La lumière inquiète

 

Faim du cri

Chair de ma chair

Tenir entre mes dents

Son souffle chaud

Haletant

Agonisant

Secouer les mâchoires

L’entendre se débattre

L’entendre crier

Qu’il devienne lambeaux

Son odeur, sa texture

Son sang

Sur les murs – sur le lit

Sur l’herbe humide

Sur la musique que j’écoute

Passer – qui me regarde

Du haut d’un nuage

Dévorer le cri

Dévorer le cri

 

S’entre-dévorer

« Si l’on demande pourquoi la santé ne suffirait pas, pourquoi la fêlure est souhaitable, c’est peut-être parce qu’on n’a jamais pensé que par elle et sur les bords, et que tout ce qui fut bon et grand dans l’humanité entre et sort par elle, chez des gens prompts à se détruire eux-mêmes, et que plutôt la mort que la santé qu’on nous propose. »

Gilles Deleuze, Logique du sens

Le ciel est un abri

Le ciel est un abri

C’est pourquoi, il erre

Toujours un peu ivre

Mon corps, beau

Comme la poussière

Violenté par les baisers du vent

Caressé par les hanches d’une lune

Réveillé par les sanglots de la mer

Le ciel est un abri

Largeur de poitrine

Et mon regard qui s’émerveille

Tremble et s’agenouille

Aux pieds de l’éclair

Ô errance! La belle errance

Qui creuse ses pas dans ma chair

Où se momifie le temps

Allons! bras dessus, bras dessous

Marcher à notre perte

Le ciel est un abri

Sur lequel ma moelle s’épanche

Elle sait la route aussi longue

Qu’elle suivra le roucoulement

Des tourterelles, guettant l’envol

Et sa poussière détalant

Silencieuse

Dans un élan de soleil

 

Au silence, son tonnerre

Le lac est indolent, pénétré par un ciel d’aube

Devant mon incandescence les montagnes se pâment

Dans le désir d’ériger leurs sèves et d’alanguir la chair du temps

L’œil teinté de rouge, je suis de leur étreinte

Assiégée par le cri qui, de ma gorge s’élève et danse

Au bord des lèvres, de leurs abysses où le silence est tonnerre

 

Je serai

 

D’un souvenir qui fera se baigner mon corps

Dans l’éveil d’un printemps

Dans la mémoire que l’on tâte comme une main qui rassure

Il me dit que mon regard se noie, qu’il a le goût de sel

Et le murmure des vagues portées par un vent trouble

J’entends, ce matin d’hiver, mes deux soleils noirs

Fouiller avec ardeur leurs braises

Et sous les crépitements, couve, une révolte qui chante

Au silence, son tonnerre

 

Le lac est indolent, pénétré par un ciel d’aube

Lierre

Des mots comme un lierre

Aux racines d’enfance

Enserrent ma peau

Grimpent croyant toujours

Atteindre la lumière

Ses nervures se confient

Autant au ciel qu’aux pores

Que la plante ventouse

Acharnée, sebum contre sève

La poésie m’écrie

 

Lierre mon beau lierre

Viens jusqu’à ma gorge

Emplis-la

De toute ta brutalité

De toute ta tendresse

Que même

La respiration cesse

 

La poésie m’écrie

 

 

Ondes

Ondes

Nous sommes ondes

Dans des reflux de lumières

Ondes

Concentriques

Caillou jeté dans la mémoire

Il nous faudrait souvent

Fermer les yeux

Pour se sentir mouvant

Voix oscillante

Qui s’étire à la verticale

Quand l’onde peu à peu

Évanouit sa danse

À l’horizon

Les mains flâneuses