On croit les mots tranquilles et inodores

On se retrouve avec des tripes entres les tempes

Quel est ce sang que tu portes dans tes yeux fébriles?

Sceller

C’était, comme une lourde saison

Un vent de marbre

Le temps, fluet tourbillonait

Affolé

Il n’y aurait plus que de gros yeux

Stériles, pour bercer les

Nouveaux-morts, des voix

Remontant ses veines amorphes

Faisaient sa gorge pleine

Pour retomber d’épuisement

Dans le ressac du ventre

C’était, une pluie noire que les nuages

Répandaient, une pluie pétrole

Sur une terre brûlée vive

Qui, à présent sommeillait

Elle prit dans ses mains blêmes

De ses doigts, comme des lueurs

Une boîte, une boîte carrée

Elle observa attentivement

Ses quatre côtés

« Boîte

Boîte cranienne

Absurdité »

En répétant ces mots, d’un regard convulsé

Elle se mit à tourner sur elle-même

Imitant le vent

Le ciel est un abri

Le ciel est un abri

C’est pourquoi, il erre

Toujours un peu ivre

Mon corps, beau

Comme la poussière

Violenté par les baisers du vent

Caressé par les hanches d’une lune

Réveillé par les sanglots de la mer

Le ciel est un abri

Largeur de poitrine

Et mon regard qui s’émerveille

Tremble et s’agenouille

Aux pieds de l’éclair

Ô errance! La belle errance

Qui creuse ses pas dans ma chair

Où se momifie le temps

Allons! bras dessus, bras dessous

Marcher à notre perte

Le ciel est un abri

Sur lequel ma moelle s’épanche

Elle sait la route aussi longue

Qu’elle suivra le roucoulement

Des tourterelles, guettant l’envol

Et sa poussière détalant

Silencieuse

Dans un élan de soleil

 

Le regard fixe

Le regard fixe

Lointain

Ils ne savent pas

La force qu’il faut

À ce regard

Pour déterrer

À coups de

Pioches

De silences

Une pensée

Son vacarme

Ou sa caresse

 

Tout peut surgir

 

Pourtant

Se perdre

En soi

Quel apaisement

 

Celui qui sait

Marcher dedans

Saura ce qu’il

Faut de pas errants

À parcourir

Sous les vents

Et que l’on ne finira

Jamais, d’apprendre

Et d’ignorer

 

Comment marcher

 

Le regard fixe

Souvent

Tombe

Ce qui nous foudroie

T’auras beau dire

Manque la fureur du geste

Entendre, ce qui nous foudroie

On oublie, on oublie trop

Qu’il y a une petite chose qui bat là-dedans

L’air de rien, qui se soulève, qu’il y a

Des torrents, des vallées, ça bouillonne

Ça se déverse, ça se bagarre

Ça chante, c’est venteux

Klaxon!

Vite!

Faut traverser!

On oublie, on oublie trop

Comment nourrir la bête

On traîne les dépouilles

De matins en matins

De désillusions en désillusions

D’embouteillages en embouteillages

De nuits en nuits

On oublie, on oublie trop

T’auras beau dire

Manque la fureur du geste

Entendre, ce qui nous foudroie

Les Cosaques des Frontières/Exilée

Je suis fière de pouvoir marcher aux côtés des Cosaques des Frontières avec Yan Kouton en tête, qui oeuvre pour une littérature sortant des sentiers battus. Trois de mes poèmes (accompagnés de photographies) y sont aujourd’hui publiés dont Exilée que vous pouvez découvrir ici.

En route vers Les Cosaques des frontières

 

Exilée

Je mâche une rose, en pensant
à l’amour
Les jeunes fleurs ont le regard fané
Personne ne manque à mes jours
Sinon moi
Qui me revient parfois, en fragments
De poésie – je les dépose – les abandonne
Comme des enfants
Avortés
Indifférente à ces lambeaux de chairs
Ombres de mon corps sur fond blanc
M’écrire, ils pourraient m’écrire
Me pleurer peut-être
Cherchant le sein que je leur refuse
À présent
Rien ne coule en moi
Qu’une sourde pluie

Le solitaire

La nuit avait de longues jambes

J’ai fourré ma tête entre ses cuisses

Et j’ai rêvé

La nuit est blonde

Elle a le coeur hautain

Le rire vorace

Son parfum brûle

Mes rébellions

Ses yeux de glace piétinent

Mes mots d’amour

La nuit se moque des femmes

Que l’on rêve le jour

Revue Traction-brabant

Je remercie chaleureusement Patrice Maltaverne de la revue Traction-brabant d’avoir écrit ces quelques mots sur ma poésie et mon blog…c’est par Ici

Quelques-uns de mes poèmes prendront leur souffle très bientôt parmis les pages de cette belle revue qui a du « caractère », façonnée avec passion de façon très modeste, ce qui lui donne toute sa grandeur! Quant à son prix modique, il permet de rendre la poésie accessible à tous.

Artisan Poète, je vous salue!

J’ai rêvé mon corps

J’ai rêvé mon corps comme un voilier

Qui dompte le vent

Aussi impétueux, vaillant et libre

J’ai rêvé l’horizon à tous les coins de rues

Depuis, j’écris, je peins, dans les profondeurs du ciel

Un mât dessine sa route et le sel sur ma chair

Semble corroder le destin

Mais, tout aventurier sait

Qu’on avance qu’au bras de la mort, alors

J’ai rêvé mon corps comme un voilier

Qui dompte le vent

Signaux

Si seulement nous savions être

L’un à l’autre

Dans l’éloquence du silence

Mais la parole effarouche

L’angoisse et la gêne

Et nous passons, en nous frôlant

Par de vains mots

 

Nous nous regardons, en ne voyant

Que des paroles ricochant

De pupille à pupille

Pourtant, le corps

Sa gestuelle ou ses postures

Sont des signaux

Matière à connaissance et à langage

 

Vers où marche, d’un pas indolent le regard

Quel lendemain fredonne la nuque, raide et fière

Que repousse la main ballante et repliée

Et le front moite, qu’essuie-t-il de confusions et d’inassouvis?

 

Ô voix de l’inconscient à la bouche close

Il faut, hélas, beaucoup d’efforts

Pour que l’oeil vers toi se tende

Et entende ce que la bouche

Est impuissante à révéler

 

C’est avec les yeux que l’on écoute le mieux

La belle déferlante

Le vide a bougé

J’ai vu la vague

S’y abattre, aussi

Rugissante que

La chair qu’elle tenait

Entre ses dents

Belle créature saline

Qui romps les battants

De l’inertie, tu sais

Comme l’on se noie

Dans les déserts désirs

Des villes, je vais

Visage nu, gorge nue

Hanches nues que la houle

Balance, élance

Et mes yeux sanglants

Tiennent le soleil

Pour y jeter l’écho

D’un moi naviguant

Au large depuis

La naissance

D’après ma mort

 

Pourtant

 

Celle qui marche

Seule, nue

T’étreint, te fais

Rouler dans sa poitrine

Comme tu vas, viens

Glisses sous les doigts de

La lune, fidèle à ta liberté

Ne gardant rien en

Ton sein, que l’ardeur

Sais-tu qu’elle t’est si dévouée

Qu’un vide, un vide ne sera

Jamais assez grand

Pour vaincre

Ta belle déferlante

 

Je navigue,

Je navigue, au loin

Ici, en poésie

Où ma prose

Cherche ton sein

Un ciel saigne son aube

Le vide, c’est elle

La foule, le bruit

Où l’on agonise

 

Le silence emplit chaque parcelle de ma peau

Pénètre jusqu’à la caverne où bat la lumière

Pour lui susurrer des mots qui creuseront leur infini

Face à soi, nulle absence où s’accrocher

Mais un ciel, son immensité

À déchiffrer, braver et conquérir

 

Exige seulement de lui

La rosée

Pour tes yeux avides

De se savoir, de se rêver

Ne sois fidèle qu’à ta solitude

Elle seule, doit te dompter

Et si l’alcool manque à tes jours 

Engouffre toi

Dans le vent qui vient

Là, il est des mains

Des amours, des parfums

D’où l’on ne revient pas

 

Le vide, c’est elle

La foule, le bruit

Où l’on agonise

 

Pendant qu’ils égorgent chênes et peupliers

À 14h,

Un ciel saigne son aube.

 

 

 

Sur la route escarpée

Sur la route escarpée qui

Mène le vin à ma bouche

Tu marches

Je passe ma main dans

Tes cheveux, j’entrouvre mes

Lèvres pour que ton odeur

S’y allonge et soulage ton coeur

Par un frottement de tête

 

L’absence se caresse comme un animal docile

 

Et

Mes désirs prennent chair

Dans ma mémoire tremblante

 

Sur la route escarpée qui

Mène le vin à ma bouche

La rose rouge sèche

A trouvé refuge pour battre

Battre au creux du temps

Dans la lente et irradiante

Agonie des heures où règne

Reine, la fureur mnésique

Qui me tient vivante

 

Sur la route escarpée qui

Mène le vin à ma bouche

Je surplombe demain

Au plus près du ciel et

De ses oiseaux volant

Vers d’autres terres

 

De chair et d’encre

Vois, mon amour

Il est simple

D’écrire le ciel

D’y faire son lit

Buvons dans la paume

Du poème ce qu’il nous

Tend de lumière et d’insoumis

Puis étendons-nous comme

Des déserteurs sur les

Lèvres de l’utopie louvoyants

Dans le noir de l’encre et

Nos veines saillant l’aube

 

Vois, mon amour

Il est simple

D’écrire le ciel

D’y planter à l’automne

Un saule, de le voir croître

Et d’entendre s’écouler

Sa longue chevelure

En une fontaine de jouvence

Où viendront s’ébattre

Les colombes, fidèles

Amantes des poètes

J’ai affûté le jour

J’ai affûté le jour

Chaussé un nouveau regard

Pour que le crépuscule

Ne m’happe les chevilles

 

Mais

 

S’avance, s’élance

Sur la pointe de la lame

Le glaive des heures vaines

D’avant la nuit, d’avant l’envol

Dont le reflet à mes mouvements

S’étire à mesure que je lutte

Et m’englue dans une image déformante

Hier n’est pas moins demain qu’aujourd’hui

Il fallait être folle pour magnifier ce jour

Sans d’abord l’avoir maudit

 

Un peu comme je t’aime mon amour

 

Les mains flâneuses