Spasmes du jour

Confiture de cerises noires

sur lit de brioche et zeste de beurre

Tends-moi tes lèvres où perle le café

empoigne mes hanches bercées

par de rêveries indolentes

ma faim est océan et j’ai le cœur vorace

Ci-gît le convenable, le mesuré

J’honore

ce qui palpite dans le gouffre de ma bouche

jouisseuse

Chaque jour doit être une fête

avec des crocs bien profonds dans sa chair

bleuissant comme le ciel

n’essuie pas le coin de son rire

laissons-le sale, fier et goûteux

laissons-lui l’air vicieux

La source et autres histoires d’un ruisseau, Élisée Reclus

« Parfois aussi le fond sur lequel le flot m’entraîne est revêtu d’une forêt d’herbes vertes, oscillant en molles sinuosités ; elles me caressent, elles m’enlacent et me font un lit charmant. Est-ce l’eau, est-ce la chevelure onduleuse des plantes qui me soulève ainsi et me fait flotter à la surface du ruisseau ? Je ne sais, du reste ma pensée se perd dans une sorte de rêve ; il me semble même que je suis devenue partie du milieu qui m’entoure ; je me sens un avec les herbes flottantes, avec le sable cheminant sur le fond, avec le courant qui fait osciller mon corps ; je regarde avec une sorte d’étonnement les arbres qui se penchent au-dessus du ruisseau, les trouées de ciel bleu qui se montrent à travers le branchage, et le profil nettement dessiné des montagnes que j’aperçois à l’horizon lointain. Tout ce monde extérieur est-il bien réel ? Moi aussi, comme le pêcheur de la légende, je vois la sirène merveilleuse me faire signe du doigts, je me sens attiré par son regard qui fascine, et j’entends résonner l’écho de son chant doux et perfide. « Ah ! viens, viens avec moi et nous serons heureux. » Parfois je suis tenté d’envier le jeune homme qui cède à l’appel de la sinueuse ondine et dont la chevelure flottante va se mêler à celle des limons verts. Mais je sais qu’en se débarrassant des amers soucis de la vie, son existence elle-même va s’éteindre sous les caresses de l’eau pure et les ondulations de l’herbe frémissante. La nature a pour ses amants des séductions dont il faut savoir se défier comme de la voix des sirènes ou de la beauté de fée Mélusine. En nous faisant trop aimer la solitude, elle nous entraîne loin du champ de bataille où tout homme de cœur a le devoir de combattre pour la justice et la liberté ! Oui, la nature est belle, nous devons en comprendre tout le charme, mais savoir en jouir avec une joie discrète, ne jamais nous abandonner à ses fatals enchantements. »

Élisée Reclus, La source et autres histoires d’un ruisseau

la songeuse

Restait la songeuse

la songeuse et ses méandres

son apesanteur

un

goutte à goutte dans le temps

belle évanescente, tendez-moi encore vos mains gantées de satin blanc

étourdissez-moi de votre souffle langoureux

je me veux aussi songeuse que vous

éperdument trouble et silencieuse

Percée, Taïwan, Argentique, 2019*

*Photo exposée en octobre 2020 à l’EHESS.

L’eau et les roches

L’eau et les roches, argentique, 2021

Aux vagues alanguies couvées par ta poitrine, cadencées par ta voix

à ton pas qui se presse, le regard enchaîné à ton ombre, tu n’attends plus rien des autres car plus rien de toi-même

À mon vent qui s’efforce de ranimer le pouls, d’ensauvager le jour, lui qui implore : la fureur, les larmes, le chaos mais pas l’indifférence, mais pas l’indifférence !

La colère est la garante des lendemains qui chantent, clame la mer, entremêlée à d’autre voix, allons ! le pas lent, la déferlante au poing

C’est que la mort poursuit son œuvre à grands pas, elle commence à déplisser ton visage, à le recouvrir d’un baume de fatalisme et d’oubli fuyez ! dit-elle à ce qui a bouillonné dans ton sang

te voilà peu à peu ni jeune, ni vieux, évidé du goût du risque, des belles errances, des vertigineuses incertitudes et des combats qui donnent aux yeux l’éclat des horizons, ses fragrances marines

La fureur, les larmes, le chaos mais pas l’indifférence, semblent pleurer en frôlant ta joue, quelques goélands affamés qui vont, entre les roches et l’eau.

Nébuleux

Et toujours l’enfant qui sonde le ciel, interroge, se promet d’explorer la continuité de ses mains tendues dans le vide. L’enfant puis l’adulte qui se tourne vers l’horizon des cieux, se délecte de l’énigme et des mystères du monde où il se baigne avec émerveillement et frisson. Ô vertigineux silence ! Quand on aime la vie comment ne pas regarder au-delà de la Terre et de ses Hommes ? Comment ne pas voir l’ombre de sa propre personne si petite et si grande dans son pouvoir de destruction et d’édification ? Un soir d’été, me lier d’amitié avec une étoile, sourire à notre destinée commune, à notre désir de lumière. Le Désir, cette voûte céleste à l’évocation abyssale, qui nous égare, qui nous insuffle la vie, s’enroule comme une vague grondante sous les paupières.

Matin noir

Il pleut sur son café qu’elle touille brusquement

éclaboussant la nappe du ressac d’une nuit blanche

tandis que son regard divague cherchant dans le jour

le soleil qui tarde à se lever, viendra-t-il à temps

soutenir la tête nichée dans la paume de sa main,

remplacer l’odeur du pain qu’il faisait griller après avoir mis

le beurre sur la table comme un baiser dans son cou ?

C’est une odeur qui manque à sa mémoire

rien qu’une odeur qui habiterait son corps

irriguerait ses veines, ses seins, ses yeux, mais voilà

elle reste désertée, nue et tremblante devant un bol abyssal

ses lèvres violacées se refusent à la chaleur préférant le silence

glacial et scellé des échoués qui contemplent la vie

depuis la rive d’en face, derrière une fenêtre close

elle croyait en l’amour comme on croit en une religion

mais dieu s’est effondré, dieu n’existe pas, « dieu n’a jamais existé ! »,

remuant toujours plus vite la marée noire

qui maintenant se déverse sur ses cuisses bleuies

S.

L’insomnie fait les cent pas

mettre une musique pour s’inventer l’épaule d’un ami

ce piano comme une tendre pluie

qui ne cesse de tomber me rappelle ses yeux

la mélancolie qu’elle portait comme un bijou de famille

et que faire du baiser que je lui avais refusé

qu’à présent j’hume comme un parfum entêtant ?

Glisser le doigt entre les cuisses où s’agite le pouls

redessiner sa bouche sur son visage ovale et pâle

son long nez slave tracé à la façon d’une Jeanne,

d’un Modigliani

me pendre au cou de la mémoire qui salive,

à ses seins laiteux et insoumis

dans l’entaille de la nuit, battre l’absence

tandis que les six crocs de son nom se teintent de rouge

en pénétrant ma chair

c’est un cri sans voix qui s’écoule et disparaît

dans le lever du jour où se traîne péniblement

l’extrémité d’une longue chevelure noire

Un cri grandeur de nos pupilles

tu es folle…d’entre tes lèvres, S…

« je t’aime…moi non plus », avions-nous choisi un peu ivres

dans un karaoké espagnol, mais je crois que nous avions seulement

ri et rien chanté


Ouvrir la fenêtre, inspirer le matin

le café qui fume insolemment entre mes paumes est son seuil

et son rempart

La Navigation de nuit

Le mât glissait d’une étoile à l’autre. On ne distinguait que sa voix, mordante de sel, indocile et suave. Tenant la barre, je croyais tenir les rênes d’une calèche conduite par de fougueux chevaux attelés au sein de la nuit Azurite dont l’élan nous tirait toujours plus curieusement en avant. Étions-nous parvenus dans les vagues d’un ciel mouvant, d’une mer étoilée ? Son iode que ma langue pourléchait, son souffle que ma nuque étreignait tandis que les voiles qui hennissaient sous le fouet du vent, me disait le temps aboli, le temps bleu, bleu que l’on nage à l’océan, revenus. Plus rien n’était menace et seul Pégase pouvait surgir révélé par les ondulations d’une lune, au ventre rond et chaud, qui enfante contes et vagabonds. Au loin, des scintillements esquissaient des amarres que les cordages fêtèrent de leurs sabots rompus.

Landa

Penser à l’infini de l’univers et trouver un repos à la mort, ma chair dissoute dans l’infime et l’immense. Je suis l’enfant des landes aux confins du monde, constellée de silence et de cri, de désert et d’espérance. Je suis le vaste enclos, terre de marches lentes et de courses effrénées, une pierre à rouler indéfiniment. Je suis de feu, de vent, d’eau, de terre et de mystère. Le cinquième élément qui fait rupture, qui fait lien. La raison qui abdique et qui s’affole. Le ciel joue d’une main de la harpe et brosse de l’autre ses longs cheveux de pluie et de lumière, la vie dans le lac se mire et se trouve belle. Le ciel peut tout. Le ciel est sans limite, souvent je déserte le front, j’entreprends l’ascension d’un nuage puis à son mont je déclame un poème. Un corps coule dans l’infime et l’immense, cette fleur se nomme cosmos : force obscure aussi obscure que l’inconscient qui nous défie au réveil de franchir son abîme. L’éternelle incompréhension, l’inaccessible étoile. Le corps et l’esprit, insondables et fuyants. La pensée du cosmos est salvatrice, d’ailleurs l’Homme vieillissant lui tend ses deux paumes pour y boire la sérénité, mettre un pied dans l’autre dimension. Mes rêves nocturnes s’éloignent dans le cosmos, cosmos dont je croque les pétales, je croque son rose, son pourpre, son rouge, son blanc, sa petite ours et sa grande ours, je croque Sirius et Orion, vous savez maintenant pourquoi j’ai les yeux qui brillent, j’ai trouvé la fleur qui ne pousse pas ici, moi l’enfant d’une lande qui court sur son corps d’ambre et d’émeraude, frontispice du sourire et de l’oubli. Je suis le vaste enclos, terre de marches lentes et de courses effrénées. Je suis de feu, de vent, d’eau, de terre et de mystère.

1, 2, 3….revues !

Cet été ce sont une, deux, trois revues qui irradient de poésie, je reste fidèle à celles qui ont publié mes premiers poèmes, ainsi leurs noms se baladent souvent avec Les mains flâneuses.

Laisse le cerf-voler et Les invisibles sont à retrouver dans Traction-Brabant n°94 , Trois poèmes sont proposés par Lichen, enfin, Le regard brûle fait son tour de France grâce aux Hors-série n°9 de la revue Cabaret.

Bonne lecture !

Sur la photographie (II), Susan Sontag

Ce qui s’est écrit de mieux sur la photographie émane de moralistes – marxistes ou se prétendant tels – passionnés de photo mais gênés par sa façon inexorable de tout transformer en objet de beauté. Comme Walter Benjamin le faisait remarquer au cours d’une intervention faite à Paris, à l’Institut pour l’Étude du fascisme, l’appareil photo « est maintenant incapable de photographier un taudis ou une décharge sans les transfigurer. Sans parler d’un barrage ou d’une usine de câbles électriques : confrontée à ces spectacles, la photographie ne sait pas dire autre chose que « Comme c’est beau. »…Elle a même réussi à transformer l’abjecte pauvreté en objet de plaisir, en la traitant de façon accrocheuse et techniquement parfaite. » Les moralistes qui aiment les photographies espèrent toujours que les mots sauveront l’image. […]. C’est ainsi que Benjamin pensait qu’en inscrivant une légende exacte sous une photographie on pouvait « la sauver des ravages de la mode et lui conférer une valeur d’usage révolutionnaire ». Il invitait instamment les écrivains à se mettre à faire des photos, pour montrer la voie.

Susan Sontag, Sur la photographie

Quand finira la nuit?

S’il suffisait comme cette plante

de se gorger d’eau et de lumière

puis d’attendre

mais la nuit, qui rampe et vous assiège

répand son écho assourdissant

Une sentinelle fait les cent pas

quand les veines atrophient

étranglent

les sources bouillonnantes de désirs

Utopie n’est pas vain mot

n’est pas chimère, ni illusion

avez-vous une fois tenu l’amour dans vos poitrines?

Un monde sans amour, c’est l’enfer

il n’y aura d’utopie sans colère, sans délivrance

une sentinelle fait les cents pas


Quand finira la nuit?

Le membre fantôme

Tandis que le chêne endolori

exhibe sa large plaie

je pense, le regard appuyé

contre sa blessure muette

son creux, le nôtre charnel

à l’amputation de l’artiste

qui ne cesse de redessiner sa

jambe absente, caressant

avec autant de douleur

que de plaisir


le membre Fantôme

un manque

le contour du vide

L’ultime jouissance

Qu’aucun Homme en mon absence ne me manipule

que nul ne me dépossède de ma mort

rangez formol, étiquette, petite ou grosse boîte !

ne vous donnez pas tant de peine

la nature fera l’affaire : je veux donner mon corps aux bêtes

que le prodigieux vautour fauve en s’approchant

habille ma peau d’ombre et de vent et de son bec, de sang

que mon linceul soit le ventre de la montagne, pour qu’enfin

nous nous offrions une ultime jouissance, une belle

et véritable sauvagerie sous les yeux d’un ciel, tourbière de désirs

Entendez-vous nos grognements depuis vos sociétés charognardes ?

Entendrez-vous notre revanche ?

Sans me retourner

D’autres viendront jetés dans l’arène prendre le dessin de ton rire, la place de notre colère, le poids de mes soupirs, piétiner leur bouquet de déception sous l’averse, d’autres viendront se frotter au goût des plaies, aux ébranlements de l’amour, s’asseoir sur le banc des déroutés, ouvrir les mains aux pigeons et noyer l’attente au coin d’un zinc, d’autres viendront sauter du train en marche, se rendre à l’ignorance, philosopher à l’ombre d’un poème, se balancer d’un jour à l’autre, plus ou moins fort, d’autres viendront comme d’autres sont venus tendre leurs errances à la mer, s’agripper aux derniers rayons d’un soleil qu’ils ne voulaient pas encore couchant, d’autres viendront s’enivrer du parfum des roses, brandir l’œillet rouge, s’émerveiller sous les flocons, gravir toujours plus les monts, pousser la romance ou fouler la solitude le long d’un ruisseau, déposer un baiser sur la peau du chêne et s’en aller imitant la grâce d’un cygne, d’autres viendront remuer les mêmes chaînes que portait un cœur entre deux battements, d’autres viendront et il me faut déjà les aimer pour pouvoir partir sans me retourner. Il y a urgence à abolir l’urgence de vivre me dit cette chair qui soutient des siècles.

D’autres viendront, mimer le geste

déjouer la cadence.

Au plus près du vent

Au plus près du vent, Yunnan, Chine, Argentique, 2017

Ce jour là, elle avait la peau moite, sa voix contenait d’innombrables odeurs, son regard était, légèrement voilé mais tout de même, pleins de chants.

Il transpire encore ce jour.

Tu vois, la marche, c’est comme dans un bateau: tu choisis l’allure, même quand il y a pétole, t’avances, comme quand tu t’assois au bord de la route pour expirer, faut juste garder un oeil sur la girouette de tes désirs

il vient de là, le vent

puis, y’a plus qu’à , rien que du temps à perdre

et le vent, l’océan, les marées

D’abord, elle s’assoit au bord de la falaise

son regard serpente sur l’océan

elle se sent aussi inconsistante que lui

mais elle se lève et marche le long

tendant les bras à l’horizontale

Chaque jour elle apprend à marcher

pour dompter son vertige

Il y a cet homme qui vient au même endroit

sauf que lui c’est la nuit quand elle est trop forte

la peur de la mort et qu’on n’y voit plus rien

du vide et du plein, quand corps et néant

se confondent et que le vacarme

de l’océan vaut bien celui de l’intérieur

Il en oublie la hauteur, il serre les dents

les poings : l’insoutenable idée de la mort

qui tomberait, se fracasserait, se répandrait

en morceaux éparses

Il en jouit presque

Et le vent,

l’océan, les marées qui perpétuent leur chœur

Un marin pêcheur passe, qui sifflote sous la brise matinale

il rentre au port, fêté par une nuée de mouettes et de goélands

« Beau temps pour le chalut! »

Saveurs de juin

En cet après-midi de juin

La cerise noire répand son jus

Sur les langues, les doigts, les lèvres

Gourmandes, le vent désiré empoigne

Les corps et de ses mains indiscrètes

Sculpte, cuisses, seins, ventres

Des femmes trahies par de amples habits

Seules la brise et la sueur dégoulinant

Sur nos chairs nous habillent, et pour peu que l’amour

S’en mêle, on se laisserait renverser par le soleil

Le cou tendu comme un désert interdit

à contre-courant

J’ai repris du café de ce matin pour qu’à nouveau le soleil s’étire dans la nuit. C’est un autre pays que celui de l’éveil, quel horizon ! J’ai repris du café de ce matin, faut dire qu’il a manqué au jour l’ivresse pour qu’il s’encanaille assez et rivalise avec le temps, aussi fourbe qu’hier. C’est sûr, la nuit vient encore trop tôt nous couvrir. Chaque jour qui se recroqueville est comme une fleur séchée, figée dans sa danse; et l’on cherche au creux de l’oreiller un parfum embaumant et charnel quand vient l’odeur d’une plante grimpante et entêtante qui nous susurre le perpétuel inachevé. Le courant est si fort, quelle branche saisir avant qu’il nous mène en aval de la lumière ? Il faudrait toujours avoir en tête, la peine que doivent se donner des jambes, une voix, un souffle, pour aller, à contre-courant.

L’odeur du pain grillé

Quelques bruits timides

les gestes sont lents, encore happés

par la nuit

Là, le banal s’installe

des mots, souvent les mêmes

certains racontent leurs rêves, d’autres se querellent

car comme chaque matin, elle n’a pas faim

le petit a fait un cauchemar, du beurre

il n’y a plus de beurre

À l’éveil chacun est encore tout entier à lui-même

le banal tend son sein :

boire le lait au pis de la vache

se baigner nu dans la rivière

Le banal croit-on

loin de ceux que l’on aime, on repense à ces mots

on les cueille avec nostalgie comme d’insignifiantes fleurs

sauvages dans un temps en jachère, aussi précieux

que la rosée, vers laquelle on tend la langue du souvenir

Le banal n’a rien d’ordinaire

car qui peut prévoir que demain

nous verrons ensemble le soleil se hisser?

plongé dans le noir, on y voit toujours mieux dans sa tête

Voyez-vous, rien n’est ordinaire

ni même l’odeur du pain grillé

où l’on se niche, au chaud

comme sur le ventre d’une mère

nul besoin de savoir dire

(je t’aime)

« Du beurre,

il n’y a plus de beurre

tu ne finis pas ton café? »

Les mains flâneuses