Tous les articles par Les mains flâneuses

Les pieds sur terre. La tête en l'air... Les mains flânent.

L’Humanité

Voici un second article du journal L’Humanité, que j’affectionne tout particulièrement, sur mon exposition qui s’est terminée hier dans un beau souffle musical.

https://www.humanite.fr/exposition-marine-giangregorio-les-sources-vives-de-linspiration-672380

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Croyez, croyez…

Croyez, croyez

En les choses insignifiantes

Aussi insignifiantes que nous

La poésie n’habite rien d’autre

Que des contrées aux regards usés

Seul le souffle change,

Mais ne balaie rien.

 

F1000010
Les gaillards, Paris, France, Argentique, 2019

Sur la route romantique avec Hugo Von Hofmannsthal…

 

 

 

« Debout sur le pont, appuyé sur la pierre lisse et séculaire, je vis deux embarcations s’approcher l’une de l’autre et je pensai soudain à des lèvres retrouvant facilement, comme dans un rêve, le chemin trop longtemps dépris des lèvres de l’être aimé. Je sentais toute la douloureuse douceur de cette pensée mais restais à fleur de conscience, sans pouvoir plonger plus avant dans mon esprit pour savoir à qui j’avais songé au plus profond de moi; c’est alors qu’une pensée me frappa comme un regard qui vous fixe derrière un masque et j’eus l’impression que c’était le regard de Katharina dont je n’avais encore jamais baisé la bouche. Maintenant tout était embrasé; derrière les îles, les nuages semblaient se dissoudre en une vapeur d’or dans un rougeoiement éthéré couronnant cette boule d’or: je me rendis compte que ce n’était pas seulement le soleil de cette heure mais celui d’années disparues, de siècles entiers. J’eus l’impression que jamais je ne pourrais perdre cette lumière, je me détournai et partis. Des jeunes filles me frôlaient, l’une d’elles en bouscula une autre et arracha son châle noir; je vis sa nuque entre le noir des cheveux et celui de l’étoffe qu’elle se hâta de rajuster: mais la clarté de cette nuque fragile fut un jaillissement de lumière, partout découvert et partout recouvert. Les adolescentes en châles avaient déjà disparu, comme des chauves-souris dans la fente d’un mur; un vieil homme passa, et au plus profond de ses yeux, des yeux de vieil oiseau triste, brillait une étincelle de lumière. »

Hugo Von Hofmannsthal, Chemins et rencontres

Revue Méninge

J’ai le plaisir de vous annoncer que mon poème « Impulsion » sera publié dans la Revue Méninge n°15.

En voici un extrait:

C’était un de ces jours où l’humidité vous colle à la peau
Où les rues semblent être des gouffres
Fallait puiser tout au fond la lumière
Pour que le pied qui se soulève
Ne traîne pas une charge
Jusqu’au lit où la nuit tomberait
Comme une délivrance

L’amour ça court les rues!

L’amour ça court les rues!

Ça se pose au coin d’un banc sale dont les pigeons raffolent

Ça danse sur un comptoir où les bières se renversent

Ça dort sous des ponts sordides où sa voix résonne, seule

Au creux des mains qui répugnent, au creux des yeux fatigués

L’amour ça court les rues comme un animal blessé