Tous les articles par Les mains flâneuses

Les pieds sur terre. La tête en l'air... Les mains flânent.

Fendre l’écorce

Fendre l’écorce

Boire dans le calice

L’elixir coulant

De ses veines

 

T’effondrer, avec

La belle Dryade

Chevelure rousse

Branches charnues

Tu ne te savais pas arbre

Tu ne te savais pas forêt

Pourtant

 

Une seule et même expiration

Et la sève qui irrigue le pardon.

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Le sommeil

Ce doit être quand on dort qu’on est le plus beau.

 

Je l’ai regardé sommeillant

Je l’ai connu enfin

Il ne m’a jamais autant parlé,

de lui.

Été

Aussi présent que dans cet abandon

N’obéissant qu’à cette force intérieure

Étrange, qui crée son propre ravissement

Dans le labeur du rêve.

 

Là,

Ta dépouille

Là,

Ton essence

J’attends,

Aussi songeuse que toi

Que tu reviennes

 

On ne se possède jamais assez.

 

Ghérasim Luca – Passionnément

« Pas pas paspaspas pas
pasppas ppas pas paspas
le pas pas le faux pas le pas
paspaspas le pas le mau
le mauve le mauvais pas
paspas pas le pas le papa
le mauvais papa le mauve le pas
paspas passe paspaspasse
passe passe il passe il pas pas
il passe le pas du pas du pape
du pape sur le pape du pas du passe
passepasse passi le sur le
le pas le passi passi passi pissez sur
le pape sur papa sur le sur la sur
la pipe du papa du pape pissez en masse … »

De vents en vents

De vents en vents

Je foule

Les bâtisses qui enserrent

La faim et me dictent le goût

J’ai

Un appétit féroce de soleil

D’orages diluviens

Et d’herbes fraiches

De l’orange et son jus

Qui colle aux doigts

De vents en vents

J’épouse

La forme

Des fleurs sauvages

Qui s’abreuvent

De pluie et de lumière

Poussent ici – là

Solitaires

J’ai

En bandoulière

Pour unique compagne

Ma gourde de désir

Désir de m’écrire

De la plume de mes pieds

Qui usent

Et font hurler

Le temps, foulé

À sa racine

Ne danse plus

Ne danse plus, ne danse plus

Sous les promesses

Qui font vent le jour

Et lustrent nos rêves

Elles nous perdent

Soyons dans le silence

De l’indomptable nuit

Où la brise bouleverse

Et puis,

Mon pied marin

Leurs idéaux

Notre amour

Sa chute prédite

Souviens-toi,

La liberté comme la mer

Revient toujours

Prendre ses Hommes

Qui n’ont pas su

Ou, maladroitement

Faut avoir la bonne taille

Les godasses, l’école, les rêves

J’ai,

Les pieds usés d’utopies

Les yeux fourbus de colère

La voix à l’étroit

Les mains étriquées d’ambitions

Et le ventre rongé d’injustices

Comprend,

Je rentre pas dans leurs boîtes

Je décloisonne

Je distords

J’abolis

La bien-pensance

Viens!

Ne danse plus, ne danse plus

Sous les promesses

Qui font vent le jour

Et lustrent nos rêves

Elles nous perdent

Soyons dans le silence

De l’indomptable nuit

Où la brise bouleverse

Tarira bien l’été

On s’est taillé un ciel grandeur de nos prunelles. Sous la glycine qui roucoule, un peu d’ombre. On boit le silence à petites gorgées et même le vent n’ose nous effleurer. Sur une poignée d’herbe sont allongés nos songes, nus. Chaque parcelle de terre se dilate: les nymphes à mon entrejambe, tes mains qui caressent le temps, mon sein qui modèle tes lèvres, le feu de ton œil au mien. Et la rivière au loin qui ondoie, n’est plus qu’un chant qui coule dans nos veines.

Là, sous un tendre ciel, tarira bien l’été.

Aujourd’hui, je t’aime.

 

J’ai rêvé mon corps

J’ai rêvé mon corps comme un voilier

Qui dompte le vent

Aussi impétueux, vaillant et libre

J’ai rêvé l’horizon à tous les coins de rues

Depuis, j’écris, je peins, dans les profondeurs du ciel

Un mât dessine sa route et le sel sur ma chair

Semble corroder le destin

Mais, tout aventurier sait

Qu’on avance qu’au bras de la mort, alors

J’ai rêvé mon corps comme un voilier

Qui dompte le vent

 

En cet après-midi de juin

En cet après-midi de juin

La cerise noire répand son jus

Sur les langues, les dents, les lèvres

Gourmandes, le vent désiré empoigne

Les corps et de ses mains indiscrètes

Sculpte les cuisses, les seins, les ventres

Des femmes trahies par de amples

Habits, seules la brise et l’eau dégoulinante

Sur la chair nous habillent, et pour peu que l’amour

S’en mêle, on se laisserait renverser par le soleil

Le cou tendu comme un désert interdit

Absence

Un signe, elle attendait

Un signe, une pluie

Un regard, une odeur

Le sursaut!

Elle en vint à prier

La larme

De lui offrir une caresse

Pour que la peau vive

Sente, que ses lèvres

Gouttent une présence

Mais comme le mot

La larme résiste

La peau est froide

Le signe, croyait-elle

Irriguerait

L’inspiration

La faim

Le désir

La colère

Le regret

Ses artères seraient

Semblables à de petits torrents

Où la vie s’emporte, se révolte

Il lui fallait

Que lui aurait-il fallut?

Un peu d’amour de soi

Un peu de haine aussi

 

Non de l’indifférence

« L’absence à soi

C’est le pire des sentiments »

Se dit-elle,

Attendant un signe

Un signe d’elle

Et comme rien n’arrivait

Elle se mit face au grand miroir

Scellé au mur

Regarda longuement

L’image reflétée

Y enfonça le crane

Tête baissée